Le marché immobilier guadeloupéen continue de se tendre en 2026, avec une hausse régulière des prix et des communes où le mètre carré atteint désormais des niveaux comparables à certaines zones très recherchées de l’Hexagone. Selon les données disponibles en janvier 2026, le prix médian en Guadeloupe s’établit à 3 388 euros le mètre carré, en progression sur un an et surtout sur cinq ans.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance lourde : en une décennie, l’immobilier local a quasiment doublé, porté par l’attractivité touristique, la rareté du foncier dans certaines zones, et une demande soutenue, notamment sur le littoral.

Les communes les plus chères en 2026 confirment un phénomène bien connu : ce sont les territoires à forte valeur touristique et résidentielle qui dominent largement le classement. Saint-Louis, Saint-François, Deshaies, Le Moule et Sainte-Anne figurent parmi les secteurs où les prix dépassent ou frôlent les 4 000 euros le mètre carré, avec un pic à 4 584 euros à Saint-Louis.

Ces niveaux s’expliquent par un effet de rareté, mais aussi par la pression exercée par les résidences secondaires, les projets locatifs et l’attrait de la clientèle extérieure, au détriment des ménages locaux.

Des hausses spectaculaires, signe d’un marché sous tension

Au-delà des communes déjà chères, certaines villes enregistrent en 2026 des progressions particulièrement fortes sur un an. Baillif affiche une hausse de 42 %, Port-Louis et Le Moule progressent de 21 %, tandis que Bouillante gagne 10 %.

Ces flambées rapides traduisent un marché instable, où quelques opérations ou un regain d’intérêt local peuvent faire basculer les prix en très peu de temps, sans lien avec l’évolution réelle du pouvoir d’achat des habitants.

Quelques communes enregistrent malgré tout un repli. Capesterre-de-Marie-Galante recule de 21 %, Capesterre-Belle-Eau de 12 %, et Basse-Terre de 7 %. Ces baisses restent cependant circonscrites et ne remettent pas en cause la tendance générale : le marché guadeloupéen reste globalement orienté à la hausse.

Le marché montre également une différence nette entre logements anciens et programmes neufs. L’ancien se situe autour de 3 242 euros le mètre carré, en hausse sur un an, tandis que le neuf atteint 3 922 euros le mètre carré, avec une légère baisse.

Ce différentiel reflète la prime accordée aux logements neufs, perçus comme plus sûrs, plus confortables et conformes aux normes actuelles, dans un contexte où l’entretien et la rénovation coûtent de plus en plus cher.

Maisons et appartements : les appartements restent plus chers

En 2026, les maisons s’établissent à 3 079 euros le mètre carré, contre 3 716 euros pour les appartements. Cette situation, parfois contre-intuitive, s’explique par la localisation : les appartements sont souvent concentrés dans des zones très recherchées, proches des plages ou des centres d’activité, tandis que les maisons peuvent se trouver dans des secteurs plus éloignés.

La pression immobilière se traduit aussi sur le marché locatif. Le loyer médian atteint 16 euros le mètre carré, en hausse sur un an. Les maisons progressent encore plus vite, avec une hausse estimée à 8 %.

Cette dynamique est un signal d’alerte : quand les loyers montent plus vite que les revenus, ce sont les classes moyennes et populaires qui sont mécaniquement repoussées hors des zones attractives, avec des conséquences sociales directes.

En Guadeloupe, la question du logement devient un enjeu politique majeur

Au-delà des chiffres, la tendance pose une question centrale : la Guadeloupe peut-elle continuer à attirer investisseurs et projets touristiques sans sacrifier l’accès au logement des Guadeloupéens ? Dans un territoire français déjà confronté au coût de la vie, à la pression foncière et à une économie fragile, l’immobilier est en train de devenir un marqueur brutal des inégalités.

La République ne peut pas laisser s’installer, dans un département français, une situation où l’accès au logement devient un luxe, tandis que la spéculation s’enracine.

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