La paralysie politique autour du budget de l’État pour 2026 ravive le spectre d’une dissolution de l’Assemblée nationale. À Wallis-et-Futuna, le député Mikaele Seo alerte sur les conséquences concrètes qu’auraient des élections législatives anticipées pour un territoire déjà fragilisé par l’éloignement et la lenteur administrative.

Le rejet des volets recettes et dépenses du projet de loi de finances par la commission des Finances a fait monter la pression à Paris. Les motions de censure annoncées par La France insoumise et le Rassemblement national accentuent l’instabilité institutionnelle et rendent crédible l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale, avec un scrutin anticipé envisagé dès les 15 et 22 mars.

Pour Mikaele Seo, député de Wallis-et-Futuna, cette perspective ne peut être écartée. L’élu y voit un signal politique envoyé aux parlementaires, mais aussi une menace sérieuse pour la continuité de l’action publique dans les Outre-mer. Il appelle à la lucidité et à l’anticipation face à un scénario qui, selon lui, reste parfaitement plausible.

Un territoire pénalisé par l’instabilité nationale

À Wallis-et-Futuna, l’organisation d’élections législatives anticipées représenterait un défi logistique majeur. Près de 9 000 électeurs seraient appelés aux urnes dans un délai extrêmement court, avec la mobilisation de 13 bureaux de vote répartis sur un territoire isolé et aux infrastructures limitées.

Au-delà de l’aspect matériel, c’est surtout la continuité des dossiers stratégiques qui inquiète le député. Plusieurs projets structurants sont en cours, et une dissolution viendrait mécaniquement interrompre leur suivi. L’élu reconnaît lui-même l’incertitude politique qui pèserait alors sur son propre mandat, soulignant que rien ne garantit ni sa candidature ni son éventuelle réélection.

Malgré ce climat tendu, Mikaele Seo insiste sur le fait que Wallis-et-Futuna continue d’être entendue par l’État. Un amendement qu’il a défendu a permis de sécuriser 4,5 millions d’euros pour la revalorisation du contrat social, un levier essentiel pour lutter contre les inégalités sur le territoire.

Autre avancée notable : le dossier du quai de Leava, à Futuna. Après des échanges avec la ministre des Outre-mer, 7 millions d’euros auraient été fléchés pour ce chantier stratégique, indispensable au désenclavement et à l’approvisionnement de l’île. Des discussions sont également en cours pour renforcer une offre de soins encore largement insuffisante.

À l’approche de la reprise des débats budgétaires, prévue à partir du 13 janvier à l’Assemblée nationale, le député appelle à la responsabilité. Pour Wallis-et-Futuna comme pour l’ensemble du pays, l’adoption rapide d’un budget est une nécessité absolue. À défaut, prévient-il, les avancées obtenues de haute lutte pourraient être purement et simplement remises en cause, une fois encore au détriment des Français les plus éloignés de l’Hexagone.

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