Le gouvernement a acté le report de l’interdiction des gobelets jetables contenant du plastique. Initialement prévue pour le 1er janvier 2026, cette mesure n’entrera finalement en vigueur qu’au 1er janvier 2030, conformément à un arrêté publié ce mardi 30 décembre au Journal officiel. Une décision motivée par des contraintes techniques et industrielles persistantes.
Ce report fait suite au bilan d’étape réalisé en 2025 sur la faisabilité d’une suppression totale du plastique dans les gobelets à usage unique. Selon le texte officiel, l’arrêté modifie la trajectoire de réduction de la teneur maximale en plastique autorisée, et repousse l’échéance à laquelle ces produits devront être totalement exempts de plastique.
Les conclusions du bilan ont mis en évidence des difficultés techniques encore non résolues, notamment en matière de résistance, de sécurité sanitaire et de capacités industrielles de production à grande échelle. Dans ce contexte, l’exécutif a choisi une approche pragmatique, privilégiant l’adaptation progressive plutôt qu’une interdiction précipitée aux effets économiques mal maîtrisés.
Une transition étalée pour les industriels et les distributeurs
Un nouveau bilan d’étape est d’ores et déjà programmé pour 2028 afin d’évaluer les avancées réalisées dans le développement d’alternatives crédibles. À compter de la nouvelle échéance de janvier 2030, les fabricants et importateurs disposeront par ailleurs d’un délai pour écouler leurs stocks, afin de se conformer aux nouvelles obligations réglementaires.
Ce report illustre les limites d’une écologie normative déconnectée des réalités industrielles. Il rappelle que la transition environnementale ne peut se décréter sans tenir compte des capacités techniques, des chaînes d’approvisionnement et de l’impact économique sur les entreprises, en particulier les PME et les acteurs de la distribution.
Si l’objectif de réduction de l’empreinte environnementale du plastique est maintenu, le gouvernement assume désormais une stratégie plus graduelle. Une orientation qui, dans les Outre-mer comme dans l’Hexagone, apparaît plus compatible avec les exigences de continuité économique, de compétitivité des entreprises et de stabilité réglementaire, indispensables à une transition durable et crédible.




