Une délégation de l’Inspection générale de la justice est en déplacement du 16 au 23 février en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna afin d’évaluer le fonctionnement de la justice des mineurs et d’envisager des adaptations aux réalités ultramarines. Mandatée par le Garde des Sceaux, cette mission intervient dans un contexte institutionnel et sécuritaire particulièrement sensible.

Conduite par Vincent Le Gaudu, inspecteur général de la justice, la délégation comprend également trois inspecteurs. Elle a été reçue en Nouvelle-Calédonie par Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de la protection de l’enfance. Les échanges ont porté notamment sur l’état des infrastructures de la direction de la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse à Nouville, lourdement touchées lors des émeutes de mai 2024.

Les inspecteurs se sont rendus sur plusieurs sites, dont le foyer d’accueil d’urgence et d’orientation et le foyer d’accueil éducatif. Les conditions de reconstruction, pilotées par la direction des Achats, du patrimoine et des moyens, ont été abordées. La mission s’est également poursuivie au foyer d’action éducative de Païta, où les équipes ont exposé leurs difficultés, notamment en matière de recrutement d’éducateurs spécialisés.

Adapter la justice des mineurs aux réalités ultramarines

Au-delà du constat matériel, la mission vise à dresser un état des lieux complet du service public de la justice des mineurs, tant sur le plan civil que pénal. L’enjeu est d’évaluer la mobilisation des acteurs compétents, qu’il s’agisse de la protection judiciaire de la jeunesse, des services de protection de l’enfance ou de l’administration pénitentiaire.

La spécificité institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna constitue un paramètre central de l’analyse. La répartition des compétences entre l’État et les collectivités impose une coordination rigoureuse pour garantir l’efficacité des politiques publiques, en particulier dans un domaine aussi sensible que la prise en charge des mineurs.

Restaurer l’autorité et renforcer les moyens

Cette mission s’inscrit dans une volonté affichée de l’État de consolider la présence républicaine dans des territoires marqués ces derniers mois par des tensions graves. Les destructions consécutives aux émeutes de 2024 ont fragilisé des structures essentielles, alors même que la délinquance des mineurs évolue et exige des réponses adaptées.

À l’issue de ses travaux, l’Inspection générale devra formuler des propositions tenant compte des réalités locales et des besoins spécifiques de chaque territoire. L’objectif est clair : assurer un service public de la justice des mineurs efficace, structuré et pleinement opérationnel, dans le respect des compétences institutionnelles et de l’autorité de l’État.

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