La Confédération paysanne reste aux commandes de la Chambre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture de Mayotte (CAPAM). À l’issue d’un scrutin organisé ce mercredi 28 janvier, la liste conduite par le président sortant Saïd Anthoumani est arrivée en tête avec 38,5% des suffrages, devant “Paysans d’ici” menée par Daouirou Siaka (18,5%) et la liste portée par Fouad Ali, intitulée “Construisons l’agriculture de Mayotte autrement”.

Le vote s’est déroulé dans un climat tendu, notamment en raison d’une organisation critiquée : un seul point de vote pour 1.372 professionnels du secteur agricole, halieutique et aquacole. Une configuration qui a nourri crispations et frustrations dans une filière déjà fragilisée par des difficultés structurelles (accès à l’eau, enclavement, insécurité, manque d’outils collectifs).

Une feuille de route agricole et un défi institutionnel majeur

Dans sa réaction, la Confédération paysanne salue une victoire qu’elle présente comme “une très bonne nouvelle pour le développement de l’agriculture paysanne” sur l’île. Le syndicat, implanté dans 15 départements, dont plusieurs Outre-mer (La Réunion, Martinique, Guyane), promet de maintenir un appui national aux revendications des agriculteurs mahorais.

Sur le fond, l’organisation insiste sur plusieurs priorités : l’installation des jeunes, la création de pistes agricoles, le stockage de l’eau, la mise en place d’un abattoir, d’ateliers de transformation, ainsi que la structuration de la pêche artisanale.

Mais au-delà des dossiers de terrain, l’exécutif de la CAPAM devra gérer un chantier institutionnel décisif : l’entrée dans le droit commun d’ici fin 2027, ce qui implique une réforme lourde. La CAPAM devra être scindée en deux structures distinctes : une chambre d’agriculture d’un côté, et un comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de l’autre.

Un tournant stratégique pour Mayotte, où l’agriculture et la pêche restent des secteurs essentiels à la souveraineté alimentaire et à la stabilité économique, mais trop souvent négligés par l’État.

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