Le Parc national de la Guadeloupe a annoncé avec émotion la disparition d’Alain Rousteau, enseignant-chercheur retraité de l’Université des Antilles et référence incontournable de la botanique locale. Reconnu comme un scientifique de terrain, il aura consacré près de quarante ans à l’étude des forêts guadeloupéennes et à la défense de leur richesse écologique, unique dans l’espace français et caribéen.

Spécialiste des milieux forestiers insulaires, Alain Rousteau laisse derrière lui un héritage scientifique considérable. Il est notamment à l’origine de la première carte des unités écologiques de la Guadeloupe, devenue un outil central pour comprendre, gérer et préserver les écosystèmes de l’archipel. Un travail pionnier, encore largement utilisé aujourd’hui par les acteurs de l’environnement.

Mais l’homme ne se résumait pas à ses publications. Très engagé, il avait soutenu activement la création du Parc national de la Guadeloupe et s’était investi durablement dans ses instances, siégeant au conseil scientifique dès les débuts de l’établissement. Son engagement était réputé exigeant, parfois combatif, mais toujours orienté vers une même priorité : protéger les patrimoines naturels de l’île, au-delà des considérations administratives ou politiques.

Attaché à la transmission, il avait aussi participé à la formation des agents du Parc national et défendait encore récemment des projets jugés ambitieux, comme la création d’une réserve intégrale sur le massif de la Soufrière, afin de sanctuariser une biodiversité fragile. Son dernier axe de recherche témoignait de son ancrage culturel : il s’intéressait à l’apport des langues amérindiennes dans la dénomination scientifique des plantes guadeloupéennes.

Dans un communiqué, le président Ferdy Louisy, le directeur Harry Ozier-Lafontaine et l’ensemble du personnel du Parc national ont salué la mémoire d’un « grand scientifique » et d’un allié fidèle de la nature guadeloupéenne. Avec sa disparition, la Guadeloupe perd une voix rigoureuse, passionnée et profondément attachée à la protection de ce que l’île possède de plus précieux : ses forêts, sa biodiversité, et son identité naturelle.

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