La Guinée a officiellement demandé à la France la restitution de plusieurs objets historiques et restes humains appartenant à des figures majeures de la résistance à la colonisation française. Cette requête, transmise à la mi-juillet, s’inscrit dans le mouvement engagé ces dernières années autour de la restitution du patrimoine africain conservé dans les collections françaises.

Parmi les biens réclamés figurent les manuscrits, le sabre, la coiffe et le boubou de l’Almamy Samory Touré, chef militaire et religieux capturé par les troupes françaises avant d’être exilé au Gabon, où il est décédé en 1900.

Quatre crânes au cœur de la demande

Conakry demande également la restitution des restes humains de l’Almamy Boubacar Biro Barry, dernier dirigeant de l’État théocratique du Fouta-Djalon, tué et décapité en 1896 lors de la conquête coloniale. Trois de ses compagnons – son fils, son frère et son chef de guerre – sont également concernés par cette demande.

Les autorités guinéennes affirment vouloir permettre à ces figures historiques d’être inhumées sur leur terre d’origine. Le ministre guinéen de la Culture, Moussa Moïse Sylla, a indiqué que l’État entreprendrait toutes les démarches nécessaires afin d’obtenir leur rapatriement.

Une dynamique de restitutions qui s’accélère

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l’évolution de la politique française en matière de restitution des biens culturels acquis durant la période coloniale. En mai dernier, le Parlement français a adopté une loi-cadre destinée à faciliter le retour d’œuvres réclamées par des États étrangers, concrétisant un engagement pris par Emmanuel Macron en 2017.

Ces dernières années, plusieurs restitutions ont déjà eu lieu, notamment les trésors royaux d’Abomey au Bénin, le sabre d’El Hadj Omar au Sénégal, un tambour parleur à la Côte d’Ivoire ou encore trois crânes de victimes de la colonisation restitués à Madagascar en 2025.

La question concerne également les territoires ultramarins. En juin dernier, le Parlement a adopté une loi autorisant la restitution à la Guyane des restes humains kali’na et arawaks conservés dans les collections publiques françaises, ouvrant la voie à de nouvelles restitutions mémorielles.

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