La Réunion : deux escadrons de gendarmes mobiles déployés pour rétablir l’ordre

Face aux violences urbaines qui secouent l’île depuis le 17 octobre, l’État renforce massivement son dispositif sécuritaire. Deux escadrons de gendarmes mobiles venus de Périgueux sont arrivés ce mercredi matin à La Réunion et seront opérationnels dès demain soir sur plusieurs communes.
L’État ne laisse pas la situation se dégrader. Deux escadrons de gendarmes mobiles en provenance de Périgueux ont atterri ce mercredi 21 octobre à La Réunion, portant à un niveau inédit les effectifs mobilisés pour faire face aux violences urbaines qui frappent le département depuis le week-end du 17 octobre. Dès demain soir, ces unités rompues au maintien de l’ordre seront déployées sur quatre zones distinctes : Saint-Pierre et Saint-Louis, Le Port et La Possession, Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, ainsi que Saint-André et Saint-Benoît.
Leur mission est clairement définie : interpeller les individus dissimulant leur visage sous cagoule ou masque, mettre fin aux actes de pillage et neutraliser ceux qui incendient les poubelles. Ces renforts viennent s’ajouter aux 140 policiers et 130 gendarmes déjà engagés le week-end dernier, parmi lesquels 11 ont été blessés lors des affrontements. Pour le week-end à venir, ce sont au total 300 policiers et 250 gendarmes qui seront mobilisés jour et nuit, auxquels s’ajoutent les gendarmes mobiles de Clermont-Ferrand présents depuis plusieurs semaines. Des moyens lourds, dont quatre véhicules d’intervention polyvalents de type Centaure et l’hélicoptère de la Section Aérienne de la Gendarmerie, pourront être engagés si la situation l’exige.
Le préfet de La Réunion a obtenu ces moyens supplémentaires du ministère de l’Intérieur à l’issue d’une réunion avec la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et ses homologues de Martinique et de Guadeloupe, territoires également touchés par des violences urbaines. Des arrêtés autorisant le déploiement de drones de surveillance ont été publiés pour permettre aux forces de l’ordre d’identifier les fauteurs de troubles. Les secteurs visés comprennent notamment le Chaudron, les Camélias et le Barachois à Saint-Denis, le quartier Fayard à Saint-André, la Ravine Blanche et le boulevard Bank à Saint-Pierre, ainsi que le Cap Sacré-Cœur et le quartier de Rivière de Galets au Port. Ces arrêtés sont valables jusqu’au vendredi 23 octobre.
D’autres mesures sont attendues dans la journée : interdiction de consommer de l’alcool sur la voie publique, interdiction de transporter du carburant en jerricans, et prohibition des mortiers d’artifice. Un couvre-feu pour les mineurs est à l’étude sur une demi-douzaine de communes, dont les maires ont déjà été consultés. Il serait activé la nuit si les troubles venaient à s’intensifier. Pour l’heure, aucune interdiction de manifester n’a été prononcée.


