La Réunion fait face à la circulation simultanée de plusieurs maladies infectieuses en cette fin septembre. L’épidémie de grippe se poursuit sur l’île, avec une prédominance du virus A(H1N1)pdm09. Une semaine plus tôt, Santé publique France signalait déjà une forte augmentation des passages aux urgences et des hospitalisations liés aux infections respiratoires aiguës. Dans son bulletin du 25 septembre, l’agence confirme la poursuite de l’épidémie, tandis que la gastro-entérite connaît désormais une forte progression en médecine de ville.

Cette situation s’explique en partie par le calendrier sanitaire particulier de La Réunion. Située dans l’hémisphère Sud, l’île connaît des dynamiques saisonnières différentes de celles de la métropole, avec une circulation hivernale des virus respiratoires qui peut encore se prolonger en septembre. La grippe avait commencé à s’installer début septembre : le bulletin du 4 septembre évoquait alors le démarrage de l’épidémie, avec la circulation concomitante de trois souches grippales et du rhinovirus. En quelques semaines, l’impact hospitalier s’est nettement renforcé.

Une pression sanitaire qui ne se limite pas à la grippe

Les gastro-entérites aiguës constituent l’autre signal surveillé de près. Après une hausse aux urgences observée à la mi-septembre, l’activité progresse désormais fortement chez les médecins de ville. Cette évolution signifie que plusieurs pathologies saisonnières peuvent solliciter en même temps les cabinets, les services d’urgence et les capacités d’hospitalisation. Santé publique France ne décrit toutefois pas, à ce stade, une saturation générale du système hospitalier. La bronchiolite chez les enfants de moins d’un an reste notamment sans impact sanitaire significatif.

La leptospirose continue également de faire l’objet d’une surveillance spécifique. Depuis le début de l’année, 246 cas et trois décès ont été recensés à La Réunion. La situation est actuellement qualifiée d’inter-saisonnière, avec un niveau de transmission bas et seulement des cas sporadiques. Le pic avait été observé au mois de mars avant une diminution progressive pendant l’hiver austral. À la mi-juillet, 217 cas autochtones avaient déjà été déclarés, ce qui montre néanmoins le poids important de cette maladie sur l’année 2026.

La coexistence de ces épisodes ne signifie pas qu’ils répondent aux mêmes mécanismes. La grippe dépend principalement de la circulation des virus respiratoires et des conditions saisonnières, la gastro-entérite peut être liée à plusieurs agents infectieux transmis par contact ou voie alimentaire, tandis que la leptospirose est une maladie bactérienne associée notamment à l’exposition à des eaux ou sols contaminés par l’urine d’animaux infectés. Leur accumulation oblige cependant les autorités sanitaires à maintenir une surveillance très large, d’autant que d’autres infections continuent de circuler à bas bruit sur l’île.

La situation de cette fin septembre illustre ainsi la diversité du paysage épidémiologique réunionnais. La grippe représente actuellement la principale menace hospitalière, la gastro-entérite progresse fortement dans les consultations de ville et la leptospirose reste présente malgré la fin de sa période de transmission la plus active. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu consiste désormais à suivre l’évolution de ces indicateurs semaine après semaine afin d’identifier rapidement toute nouvelle accélération susceptible d’accroître la pression sur les soins.

Privacy Preference Center