Les chiffres de la délinquance à La Réunion confirment une dérive inquiétante : en 2025, les tentatives d’homicide ont bondi de 54,5% par rapport à 2024. Un signal extrêmement grave, révélateur d’une montée de la violence et d’une société sous tension, où le trafic de stupéfiants joue désormais un rôle central.
Car derrière cette explosion des violences, un autre phénomène progresse à grande vitesse : la drogue. Les forces de l’ordre ont interpellé au moins 52 “mules” en 2025, soit plus du double de l’année précédente. Ce chiffre, à lui seul, résume la transformation du territoire en zone de transit et de consommation, avec une hausse nette de l’entrée de drogues dures.
Trafic de stupéfiants : la filière se structure et se durcit
Selon les données évoquées, l’usage de stupéfiants augmente encore (+3,9% en un an), et le trafic grimpe de 34,3%. Une dynamique qui n’a rien d’anodin : la consommation alimente les réseaux, les réseaux alimentent l’argent facile, et l’argent facile nourrit les règlements de compte, l’intimidation, les armes et les violences.
Le prix de la cocaïne sur l’île, estimé à plus de 150 euros le gramme, rend le marché extrêmement rentable. C’est précisément ce niveau de profit qui pousse certains à prendre tous les risques, y compris celui d’acheminer la drogue par des filières clandestines.
Un responsable syndical de police, Alliance Police Nationale, réclame d’ailleurs la création d’une antenne de police au port afin de mieux contrôler ces flux et d’enrayer l’entrée massive de stupéfiants.
La hausse des contentieux liés aux stupéfiants produit un effet mécanique : tribunaux engorgés, procédures ralenties, prisons surpeuplées. Une représentante du syndicat de la magistrature alerte sur une “embolisation” des chaînes pénales et des taux de surpopulation carcérale jamais atteints.
C’est un cercle vicieux : plus la délinquance progresse, plus les services judiciaires saturent, plus les sanctions tardent, plus l’impunité s’installe dans certains esprits.
Face à cela, l’État doit assumer sa mission première : protéger les citoyens, garantir l’ordre public et frapper fort contre les réseaux.
La Réunion n’a pas vocation à subir
Autre indicateur préoccupant : les violences intrafamiliales restent à un niveau dramatique. Près de 5 500 victimes sont recensées, soit +10% depuis 2016. Là aussi, la réalité est implacable : la violence se diffuse dans tous les espaces, y compris au sein des foyers.
La République ne peut pas tolérer que des femmes, des enfants, des personnes vulnérables vivent dans la peur.
La Réunion est un département français. Les Réunionnais ont droit à la sécurité, à la paix civile et à une réponse ferme de l’État. Ce que montrent ces chiffres, c’est qu’on ne peut plus se contenter de discours, de rapports et de “plans” sans effet : il faut des moyens, des effectifs, une justice plus rapide, et une stratégie offensive contre les trafics.
Car lorsqu’une société voit ses tentatives d’homicide exploser de plus de 50% en un an, ce n’est plus un simple fait divers : c’est un avertissement national.




