Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, la yole ronde martiniquaise s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire en traversant l’Atlantique. Sous l’impulsion de l’association Martinique Yole Ronde TransManche et de son président Christophe Dédé, une yole prendra la direction du Sénégal au printemps, avec une escale symbolique prévue sur l’île de Gorée.
Un pont mémoriel entre la Martinique et l’Afrique
Ce projet s’inscrit dans une forte dimension historique. Il fait écho à la rencontre, il y a cinquante ans, entre Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, lors de la visite du président sénégalais en Martinique en février 1976. En 2026, l’association entend commémorer cet héritage en offrant une yole aux autorités de Dakar et de l’île de Gorée, à l’occasion du 22 mai, date de l’abolition de l’esclavage en Martinique.
Avant le départ, l’embarcation connaît une phase de rénovation dans le hangar de l’association au Robert. La yole Fos Nou, âgée de plus de quinze ans et déjà engagée dans plusieurs aventures emblématiques, est en cours de réhabilitation pour retrouver l’aspect des yoles d’antan. Sous la direction d’Alexandre Fage et avec l’appui de bénévoles, les traverses sont retirées afin de redonner à l’embarcation sa configuration originelle, celle des marins pêcheurs.
Au delà de la technique, le projet est pensé comme une action de transmission. Des cérémonies, des soirées culturelles et des temps de découverte seront organisés avant l’embarquement, avec l’implication d’élèves, notamment du Legta de Croix Rivail. Pour les porteurs du projet, il s’agit de transmettre aux jeunes générations des valeurs profondément ancrées dans la pratique de la yole, solidarité, engagement, résistance et esprit collectif.
Pour Christophe Dédé, cette traversée vers le Sénégal est aussi une manière de faire vivre concrètement l’inscription à l’Unesco. La yole ronde n’est pas un objet figé mais un patrimoine vivant, destiné à naviguer, à rencontrer d’autres peuples et à porter l’identité martiniquaise au delà des frontières. Avec ce voyage vers Gorée, c’est un symbole fort de mémoire, de fraternité et de culture qui prendra la mer.




