La Nouvelle-Calédonie n’échappe plus à la vague de rappels de laits infantiles qui traverse l’espace français et européen depuis plusieurs semaines. Jusqu’ici épargné, le territoire est désormais concerné par une mesure de retrait visant un produit de nutrition pour nourrissons de la marque Babybio, en raison d’un risque de contamination à la céréulide, une toxine bactérienne potentiellement dangereuse pour les très jeunes enfants.

Ce rappel intervient dans un contexte de durcissement des normes sanitaires décidées par les autorités françaises. Le seuil toléré de céréulide, toxine produite par certaines souches de Bacillus cereus, a été récemment abaissé afin de renforcer la protection des nourrissons. Cette révision réglementaire a conduit à identifier comme non conformes des lots pourtant jusque-là autorisés à la vente, déclenchant une cascade de rappels à travers les territoires français, y compris ultramarins.

En Nouvelle-Calédonie, le produit concerné est un lait infantile à base de lait de chèvre destiné aux bébés de moins de trois ans. Les boîtes incriminées ont été commercialisées depuis la fin de l’année 2025 dans plusieurs points de vente du Grand Nouméa et dans le Nord. Les autorités locales ont demandé le retrait immédiat de ces produits et leur destruction, conformément au principe de précaution, afin d’éviter tout risque sanitaire, même faible.

La céréulide est connue pour provoquer des troubles digestifs aigus, notamment des vomissements et des diarrhées, chez les populations sensibles. Les services sanitaires précisent toutefois qu’aucun cas de symptôme chez des nourrissons n’a, à ce stade, été formellement relié à la consommation de ce lait en Nouvelle-Calédonie. Cette absence de signalement n’a pas empêché l’État et le gouvernement local d’agir rapidement, illustrant une application stricte des normes de sécurité alimentaire.

Cet épisode relance néanmoins les interrogations sur la chaîne de contrôle des produits importés dans les territoires ultramarins, souvent dépendants de flux logistiques longs et complexes. La répétition de rappels touchant des produits destinés aux enfants fragilise la confiance des familles et souligne la nécessité d’un contrôle renforcé en amont, en particulier pour les denrées sensibles.

Les autorités appellent les parents concernés à rapporter les boîtes achetées dans les commerces concernés et à ne pas les consommer. Si le risque est présenté comme très limité, cette affaire rappelle que la sécurité sanitaire demeure un enjeu stratégique majeur pour les territoires français éloignés, où la protection des populations, et en particulier des plus vulnérables, repose sur la rigueur de l’action publique et le respect strict des normes nationales.

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