À peine retiré avant la saison cyclonique, le barrage anti-sargasses au large d’Arnouville refait surface. Un retour calé sur le calendrier des échouements, alors que les premières nappes d’algues brunes sont attendues dès le mois de mars sur les côtes guadeloupéennes.
Une plateforme pour accélérer le ramassage
Long de 3,3 km et financé par l’État, le dispositif est reconduit à l’identique après une première année jugée concluante. Son objectif est clair : intercepter les sargasses en mer pour faciliter leur collecte, avant qu’elles ne s’échouent sur le littoral et ne déclenchent les nuisances bien connues des riverains. Le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, s’est rendu en mer pour constater la remise en place et rappeler que la lutte contre ce fléau reste une priorité publique.
Le barrage s’étire de la Pointe-à-Donne, à Baie-Mahault, jusqu’au secteur d’Arnouville, à Petit-Bourg. Sur place, une plateforme a été aménagée pour optimiser le travail des équipes et permettre aux engins d’intervenir plus efficacement, notamment grâce aux pelles à long bras capables de ramener les algues vers la côte.
Les services de l’État rappellent que d’autres solutions sont aussi déployées sur le territoire. Un barrage expérimental à Terre-de-Haut, plus petit, est resté en place pendant la saison cyclonique. De son côté, Sainte-Anne prévoit également de réinstaller prochainement son propre dispositif.
Cette portion de côte est l’une des plus exposées aux arrivages massifs. L’an dernier, la présence du barrage a contribué à préserver globalement le littoral, apportant un répit aux habitants, aux professionnels de la mer et aux associations nautiques, régulièrement confrontés aux impacts économiques et sanitaires des échouements.
Mais les autorités insistent : ces installations restent en partie expérimentales et leur efficacité dépend étroitement des conditions en mer. Courants, pression sur les structures, risques de détérioration, capacité réelle à dévier les nappes d’algues : chaque implantation nécessite des études spécifiques pour limiter les mauvaises surprises. Un autre barrage doit d’ailleurs être prochainement mis en service, aux Saintes, avec les mêmes précautions.
À Petit-Bourg, la riposte pourrait encore monter en puissance avec un second barrage annoncé, cette fois destiné à protéger directement le bourg. Signe que face aux sargasses, la Guadeloupe n’est plus dans le ponctuel, mais dans l’adaptation durable.




