Le petit fruit violet au cœur de l’identité amazonienne vient d’être sacralisé au Brésil. L’açaí, appelé wassaï en Guyane, est désormais reconnu comme fruit national, une décision politique destinée à verrouiller sa protection face aux risques de biopiraterie et de dépôts de marques à l’étranger.

Loi 15.330/26 : un bouclier contre l’appropriation commerciale

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a promulgué la loi n° 15.330/26, publiée jeudi 8 dans le Diário Oficial da União, qui désigne officiellement l’açaí (Euterpe oleracea) comme fruit national du Brésil. Selon l’Agence de la Chambre des députés, cette reconnaissance vise à renforcer la protection contre la biopiraterie, en affirmant la souveraineté du pays sur son patrimoine biologique.

Le texte maintient aussi le cupuaçu à ce rang symbolique, avec un précédent qui a marqué les esprits : en 1998, une entreprise japonaise avait déposé la marque « cupuaçu », bloquant temporairement l’usage du nom par les producteurs brésiliens pour l’export, avant une annulation obtenue en 2004 après mobilisation et pressions diplomatiques. C’est dans ce contexte que l’initiative législative, issue d’une proposition ancienne ensuite amendée, a été consolidée pour prévenir des tentatives similaires autour de l’açaí.

Fruit d’un palmier présent dans toute l’Amazonie, du Brésil aux Guyanes, l’açaí est aujourd’hui un produit mondial. L’État du Pará concentre 90% de la production nationale, alors que sa consommation, longtemps locale sous forme de boisson épaisse ou associée au manioc et au poisson, a basculé vers l’exportation et les produits dérivés, portés par sa réputation nutritionnelle.

En Guyane, où le wassaï est un marqueur alimentaire et culturel, la décision brésilienne résonne comme un rappel concret : les ressources amazoniennes attirent les convoitises dès qu’elles deviennent rentables. Pour la France, il s’agit d’un enjeu de souveraineté et d’économie réelle en territoire français, avec une exigence claire : protéger, valoriser et développer ces filières dans le cadre de la République, au bénéfice des producteurs et des emplois locaux.

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