Après un regain d’activité début décembre, le Piton de la Fournaise connaît un ralentissement de sa sismicité. Un calme relatif qui ne signifie en rien un retour au repos durable. Pour les scientifiques de l’Observatoire volcanologique, le volcan est clairement entré dans une phase de réactivation et une éruption reste envisageable à moyen terme.
Le 5 décembre dernier, les capteurs ont enregistré ce que les volcanologues qualifient d’éruption avortée. Du magma est bien remonté en profondeur, mais sans parvenir à percer la surface. Cet épisode marque néanmoins un tournant, après plusieurs mois d’activité très faible, et confirme que le système magmatique s’est remis en mouvement.
Depuis cet événement, l’activité sismique s’est atténuée sans disparaître. Une dizaine de séismes quotidiens est encore enregistrée, un niveau inférieur à celui observé avant l’intrusion de début décembre, mais suffisamment significatif pour maintenir un niveau de vigilance élevé.
Une réalimentation magmatique confirmée
Selon les données de l’Observatoire volcanologique, le Piton de la Fournaise est en cours de réalimentation depuis la fin du mois de novembre. Après plus d’un an sans signe de remontée de magma depuis les grandes profondeurs, les scientifiques observent à nouveau une alimentation du réservoir superficiel, un indicateur clé dans l’évaluation du risque éruptif.
La dernière éruption du volcan remonte à l’été 2023. Depuis, aucune manifestation en surface n’avait été constatée. Cette reprise progressive de l’activité confirme que le volcan est sorti de sa phase de repos, même si les signaux restent, à ce stade, modérés.
L’évolution des prochains jours et semaines dépendra de plusieurs paramètres étroitement surveillés : sismicité, déformations de l’édifice, dégazage. Aucun de ces indicateurs ne permet aujourd’hui d’annoncer une éruption imminente, mais leur combinaison pourrait, à terme, déboucher sur un nouvel épisode éruptif.
À l’approche de la fin de l’année, une certitude demeure : le Piton de la Fournaise n’est plus totalement endormi. Dans un territoire où le volcan fait partie intégrante de l’identité et du paysage, la vigilance scientifique reste la meilleure garantie de sécurité et d’anticipation.




