Encore une nuit où des automobilistes ont serré les dents au Port, sur la route du Sacré-Cœur, à la Rivière des Galets. Entre lundi soir et ce mardi 10 mars, un groupe de jeunes s’est amusé à transformer un axe routier en stand de tir : des galets lancés vers des véhicules en circulation, un impact entendu sur une voiture, et cette sensation glaçante qu’ici la route ne protège plus, elle expose. Pas de blessé, cette fois. Tant mieux. Mais la roulette russe, ça ne devient pas acceptable parce qu’on a “eu de la chance”.
Souvenez-vous : au même endroit, en septembre 2023, Kenya, mère de famille, a perdu la vie après un jet de galet. Les auteurs, mineurs, ont été condamnés à 9 ans de prison. Et malgré ce drame, malgré une alerte déjà remontée le 12 mai 2025 où le pire avait été évité, la scène se rejoue. Comme si la condamnation n’avait servi qu’à remplir une colonne “faits divers” avant l’oubli. Dans le quartier, une foraine raconte sans détour : « Je travaille là, je gagne des jets de galets. Parfois on est obligé de rentrer dans le camion ». Voilà où on en est : des travailleurs qui se mettent à l’abri comme en zone de guérilla urbaine.
Des galets, et puis quoi demain : l’État doit reprendre la main
Des galets, et puis quoi demain : l’État doit reprendre la main La police est intervenue, mais sur place, pas d’interpellation : les auteurs avaient disparu. FO Police parle d’un groupe aperçu, puis volatilisé, et les forces de l’ordre promettent vigilance. Très bien. Sauf qu’à force de “vigilance” sans résultats visibles, les caillasseurs prennent confiance et les honnêtes gens prennent peur. Un riverain s’interroge : « Je ne comprends pas l’utilité, ce sont des jeunes ? » Oui, probablement et alors ? La jeunesse n’excuse pas la barbarie, elle la rend juste plus urgente à stopper. On ne parle pas de bêtises : un galet dans un pare-brise, c’est une famille endeuillée, un carambolage, une vie brisée.
Et c’est là que le débat devient politique, au sens le plus concret du terme : qui tient la route, qui tient la ville, qui tient la France, chez nous comme ailleurs dans les Outre-mer ? Les grandes leçons de morale de la gauche sur “les causes” finissent toujours par servir de parapluie à l’irresponsabilité, pendant que les travailleurs, les mères, les chauffeurs rentrent chez eux en espérant ne pas tomber sur “une bande”. Il faut des patrouilles ciblées aux heures sensibles, de la vidéoprotection quand elle peut aider, une réponse judiciaire rapide et lisible, et une tolérance zéro assumée pas des discours.




