Face à la pression croissante sur le marché locatif et à la hausse continue du coût de la vie, le gouvernement de la Polynésie française a validé en conseil des ministres un projet de loi instaurant une aide au paiement des loyers. Doté de 200 millions de francs CFP pour 2026, le dispositif entend soulager certains ménages modestes en prenant en charge une partie de leur loyer, sous conditions de ressources et à condition d’occuper un logement conventionné avec le Pays.

Présentée comme une réponse d’urgence sociale, cette aide vise aussi à sécuriser les relations entre locataires et propriétaires. Concrètement, l’aide sera versée aux bailleurs, avec obligation de la déduire du montant du loyer, afin de limiter les impayés et les expulsions. Le gouvernement met en avant un double objectif : préserver l’accès au logement tout en redonnant un peu de pouvoir d’achat aux familles, dans un territoire où les tensions immobilières s’aggravent.

Mais derrière l’affichage volontariste, plusieurs questions demeurent. Le Cesec, tout en rendant un avis favorable, a pointé le risque d’empilement des dispositifs existants et appelé à une meilleure coordination des aides publiques. Une mise en garde révélatrice d’un système social devenu complexe, parfois illisible, et qui peine à s’attaquer aux causes structurelles de la pénurie de logements, notamment la flambée des meublés touristiques.

Si cette aide peut offrir un répit à court terme, elle ne saurait remplacer une politique du logement ambitieuse, fondée sur la construction, la régulation du marché et la responsabilité des acteurs publics comme privés. En Polynésie comme ailleurs dans les Outre-mer, la question du logement dépasse le simple soutien financier : elle engage la cohésion sociale, l’attractivité économique et, au fond, l’égalité réelle au sein de la République.

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