Une nouvelle campagne de testing menée par SOS Racisme affirme que près d’une agence immobilière sur deux accepterait ou faciliterait encore, en 2025, des demandes discriminatoires de la part de propriétaires. Un chiffre présenté comme alarmant par l’association, qui y voit la preuve d’un échec des politiques publiques engagées depuis plusieurs années pour lutter contre les discriminations à l’accès au logement.

Dans le détail, l’étude repose sur des appels téléphoniques durant lesquels de faux propriétaires formulaient des exigences explicitement illégales, demandant des locataires « de type européen ». Environ la moitié des agences contactées ont refusé ces demandes, rappelant le cadre légal. L’autre moitié, selon SOS Racisme, aurait soit accepté directement, soit laissé le propriétaire effectuer lui-même une sélection contraire au droit. Une situation qui, si elle est avérée, relève avant tout de manquements individuels et non d’un dysfonctionnement systémique de la République.

Car le cadre juridique existe déjà. Depuis 2020, les professionnels de l’immobilier sont soumis à une obligation de formation à la non-discrimination, assortie de sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de la carte professionnelle. La France ne souffre donc pas d’un vide législatif, mais d’un problème d’application du droit et de responsabilité personnelle. Multiplier les normes ou imposer des dispositifs bureaucratiques comme le « dossier anonyme » ne saurait remplacer des contrôles ciblés et des sanctions effectives contre les contrevenants.

À force de généraliser et d’entretenir un discours anxiogène, certaines associations contribuent surtout à alimenter une défiance permanente envers les institutions et les professions, y compris celles qui respectent la loi. La lutte contre les discriminations ne gagne rien à être instrumentalisée : elle exige rigueur, proportion et respect du principe fondamental d’égalité devant la loi. C’est en faisant appliquer fermement les règles existantes, et non en nourrissant une logique de soupçon généralisé, que la République protège réellement tous ses citoyens, y compris dans les Outre-mer.

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