La France accélère sa stratégie de souveraineté spatiale. L’entreprise française Look Up Space et Tahiti Nui Telecom (filiale de l’OPT) ont officialisé vendredi à Paris un partenariat majeur : le déploiement de deux radars de surveillance spatiale sur les hauteurs de Tahiti. Baptisés Rehua et Matari’i, ces équipements doivent renforcer la capacité française et européenne à suivre les objets en orbite. Le premier radar doit entrer en exploitation en septembre 2026.

L’accord représente un investissement structurant : 6 millions d’euros pour le déploiement des deux radars (travaux, génie civil, alimentation électrique, connectivité, sécurité) et 3 millions d’euros pour leur exploitation sur 20 ans, hors énergie. Le site choisi, sur les hauteurs de Papeno’o, bénéficie déjà d’infrastructures stratégiques : antennes télécoms, data center, installations liées à Galileo (Agence spatiale européenne) et équipements du réseau OneWeb.

Tahiti, avant-poste stratégique dans le Pacifique

Pour Look Up Space, la Polynésie française constitue un emplacement de premier ordre : une position géographique « exceptionnelle », permettant de faire de Tahiti une véritable sentinelle avancée pour la surveillance orbitale française et européenne. Le général Michel Friedling, PDG et cofondateur de l’entreprise, insiste : il ne s’agit pas seulement d’un contrat commercial, mais d’une étape clé dans la construction d’un réseau souverain de surveillance spatiale.

Les deux radars porteront des noms polynésiens liés aux étoiles : Rehua (nom tahitien de Sirius) pour le premier, Matari’i (les Pléiades) pour le second. Le calendrier annoncé est précis :
Le premier radar opérationnel en septembre 2026 ; le second en mars 2027.

Emplois locaux et implantation durable

Au-delà de la technologie, Look Up Space affiche une volonté d’ancrage local. L’entreprise annonce déjà une présence sur place via une succursale et prévoit des recrutements en Polynésie, notamment dans des domaines techniques : électronique, algorithmes, mécanique orbitale, traitement radiofréquence et cybersécurité.

Côté institutions, la signature s’est déroulée en présence du président de la Polynésie française Moetai Brotherson et du ministre chargé de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et du Spatial Philippe Baptiste. Le chef de l’exécutif polynésien assume une orientation claire : privilégier des solutions jugées compatibles avec la souveraineté (comme OneWeb plutôt que Starlink), dans un contexte géopolitique tendu dans le Pacifique.

Look Up Space prévoit à terme sept installations de ce type, principalement dans les Outre-mer : Saint-Pierre-et-Miquelon dès 2028, puis potentiellement La Réunion, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie.

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