Réuni ce vendredi 30 janvier à Nouméa, le bureau politique de l’Union calédonienne (UC) a fait le point sur son 56e Congrès, tenu le week-end dernier à Maré et rassemblant près de 700 militants. Le parti, pilier du FLNKS, affirme rester disponible pour un dialogue « sincère et pacifique » sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, tout en réaffirmant une ligne inchangée : la pleine souveraineté ne sera jamais négociée ni « monnayée ».

Le mouvement indépendantiste rejette à nouveau l’accord dit Élysée-Oudinot, présenté récemment à Paris comme un texte complémentaire à celui de Bougival. Pour l’UC, le problème est autant sur le fond que sur la méthode : l’État, accusé d’imposer son calendrier et son cadre, chercherait à verrouiller la suite du processus politique en marginalisant les forces indépendantistes.

Une contestation frontale de l’accord Élysée-Oudinot

Le président du parti, Emmanuel Tjibaou, reconduit à la tête de l’UC, a insisté sur l’absence de consensus réel autour des textes en discussion. Il conteste l’idée même d’un accord « partagé », estimant que l’absence d’un partenaire majeur du « peuple premier » à la table des négociations rend toute prétention consensuelle intenable.

Dans cette logique, l’UC rappelle que le droit à l’autodétermination relève d’abord, selon elle, de la légitimité du peuple kanak. Le parti met en avant le projet de Deva, jugé plus proche des attentes du FLNKS car il évoquait explicitement la restitution des compétences régaliennes et la définition d’un cadre d’interdépendance avec la France.

Malgré ce rejet, Emmanuel Tjibaou maintient l’idée d’une reprise des discussions, à condition d’un retour à une méthode réellement consensuelle, laissant entendre qu’une nouvelle séquence politique pourrait être ouverte.

Municipales et loi constitutionnelle : la stratégie 2026 se met en place

Sur le terrain électoral, l’UC prépare déjà les municipales, avec une volonté affichée de présenter une liste dans chaque commune. Le secrétaire général Dominique Fochi insiste sur l’autonomie des structures locales pour composer les listes, tout en respectant la ligne politique du mouvement.

Le parti annonce aussi vouloir renforcer l’implication de la jeunesse, dans un contexte où les prochaines échéances pourraient, selon lui, structurer durablement le rapport de force institutionnel. Les cadres du mouvement exhortent également les élus à se concentrer sur l’urgence sociale : emploi, alimentation, logement, transports, santé.

Enfin, Emmanuel Tjibaou se projette déjà sur le terrain national. Il prévoit de se rendre à Paris dès la semaine prochaine pour rencontrer les groupes politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat, afin de peser sur le vote de la future loi constitutionnelle.

Dans un climat politique toujours tendu, l’Union calédonienne joue donc une ligne double : réaffirmer l’objectif indépendantiste sans ambiguïté, tout en laissant ouverte la porte d’un dialogue, à condition qu’il ne soit ni contraint ni biaisé par l’État.

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