Depuis plusieurs semaines, l’absence de feux de circulation à M’tsapéré et Passamaïnty plonge les automobilistes dans une situation chaotique pour rejoindre la route nationale 2. Entre embouteillages interminables et comportements à risque, le sentiment d’abandon par les autorités domine, dans une zone déjà fortement congestionnée.

Aux heures de pointe, les carrefours concernés sont devenus des points noirs de la circulation. À Passamaïnty comme à l’entrée de M’tsapéré, les conducteurs tentent de s’insérer comme ils le peuvent, souvent au mépris des règles élémentaires. Les témoignages recueillis sur place traduisent une exaspération généralisée. Les temps de trajet explosent, la tension monte et chacun tente de passer en force, faute de régulation claire.

Dans ce contexte, la route nationale 2 se transforme en goulot d’étranglement permanent. L’absence de signalisation fonctionnelle alimente un climat d’anarchie routière, où la loi du plus pressé l’emporte trop souvent sur le respect du code de la route.

Des carrefours à haut risque pour les usagers

En théorie, la réglementation est pourtant claire. En cas de feux hors service, ce sont les panneaux de signalisation qui s’imposent. Mais dans la pratique, l’encombrement rend l’application de ces règles extrêmement difficile. À M’tsapéré, la situation est particulièrement préoccupante. Des véhicules restent immobilisés sur les voies du Caribus, empiétant sur un axe réservé aux bus, aux secours et aux forces de l’ordre.

Cette configuration accroît les risques d’accident et compromet la fluidité d’un réseau de transport structurant pour le territoire. Selon des professionnels de la conduite, seule une application rigoureuse des règles et un minimum de courtoisie permettraient de limiter les blocages. Mais sans encadrement effectif, ces principes restent largement théoriques.

Le silence des responsables interroge

À ce jour, aucune information officielle ne permet de savoir si ces feux sont en panne ou s’ils ont été volontairement désactivés. Contactée, la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou, compétente sur le réseau Caribus, n’a pas souhaité apporter de réponse.

Ce silence nourrit l’incompréhension et renforce le sentiment d’un relâchement de l’autorité publique. À Mamoudzou comme ailleurs, l’absence de décisions claires et rapides ouvre la voie au désordre. Or, la circulation routière n’est pas un sujet secondaire. Elle touche directement à la sécurité, à l’économie locale et à la crédibilité de l’action publique. Sans rétablissement rapide d’une signalisation opérationnelle et sans contrôle effectif, c’est l’ensemble des usagers qui continue de payer le prix d’une gestion défaillante.

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