Huit tonnes de christophines sont mises en vente ce week-end au Morne-Rouge. Face à des stocks importants liés à une production abondante, les agriculteurs ont décidé de casser les prix : 70 centimes le kilo. Une opération qui attire de nombreux consommateurs, dans un contexte de vie chère, mais qui pèse sur la rentabilité des exploitations.
Dès samedi matin, les véhicules se sont succédé sur les hauteurs entre le Morne-Rouge et Ajoupa-Bouillon, où les bâchés chargés de légumes ont été pris d’assaut. L’offre, très inférieure aux tarifs pratiqués en grande surface (pouvant atteindre jusqu’à 3 euros le kilo) a favorisé un afflux important d’acheteurs.
La saison s’annonce particulièrement productive. Des conditions climatiques favorables, avec des températures modérées, ont permis une récolte généreuse. Certaines christophines affichent un calibre conséquent, atteignant jusqu’à 1,5 kilo.
Mais à 70 centimes le kilo, les producteurs reconnaissent ne pas couvrir leurs coûts. L’augmentation des intrants, de la main-d’œuvre et des charges fragilise les marges. Cette baisse de prix vise avant tout à écouler rapidement la marchandise et à éviter de brader les récoltes auprès d’intermédiaires, dont les tarifs d’achat sont parfois encore plus bas.
Plusieurs producteurs dénoncent ainsi des pratiques jugées défavorables, préférant vendre directement aux consommateurs plutôt que de céder leur production à des grossistes à des prix insuffisants.
Il resterait encore plusieurs tonnes à écouler. La saison ne fait que commencer, laissant présager d’autres opérations similaires si la dynamique de production se maintient.




