Le carnaval martiniquais est en deuil après l’annonce du décès de Landry Lesueur, cofondateur du groupe emblématique « Les 12 Salopards ». Artiste apprécié du public, il laisse derrière lui des titres devenus incontournables de la saison carnavalesque et un parcours marqué par une détermination hors du commun face à la maladie.
La disparition du musicien a été annoncée par Alain Ajax, l’un des fondateurs du groupe, qui a appris la nouvelle au petit matin. Très présent dès la création de la formation en 1995, Landry Lesueur a contribué aux premiers albums du collectif, dont les chansons festives ont rapidement trouvé leur place dans les défilés et les fêtes populaires de l’île.
Selon ses proches, il a joué un rôle essentiel dans la naissance du groupe en rassemblant plusieurs artistes et en défendant l’idée de ce projet musical qui allait marquer durablement la culture carnavalesque martiniquaise.
Une vie marquée par de lourdes épreuves de santé
Le destin de l’artiste bascule en 2017, le jour même de son anniversaire. Blessé par une seringue lors d’une altercation avec un individu déséquilibré, il développe une infection grave aggravée par un diabète dont il ignorait être atteint. Les médecins sont contraints de procéder à l’amputation de sa jambe gauche.
Malgré cette épreuve, Landry Lesueur tente de reprendre une vie active et poursuit notamment son travail de chauffeur de car touristique. Mais un nouvel accident domestique entraîne une autre infection, conduisant à une seconde amputation.
En 2023, il se retrouve privé de ses deux jambes. L’artiste entame alors un long processus de rééducation dans un centre spécialisé en métropole.
La musique comme moteur de résilience
Face à ces difficultés, Landry Lesueur n’a jamais renoncé à la musique. Pour lui, la création artistique a constitué une véritable thérapie. Même affaibli, il continuait à se produire et à partager ses projets avec son public.
Il y a un an encore, il dévoilait un clip intitulé Le travail continue, tourné avec les équipes médicales qui l’accompagnaient dans sa rééducation. Ce projet témoignait de sa volonté de poursuivre son engagement artistique malgré le handicap.
Ceux qui l’ont connu évoquent un homme combatif et déterminé, refusant de se laisser définir par la maladie. Sur les réseaux sociaux, il continuait à publier des messages d’espoir et à partager son attachement à la musique.
Avec sa disparition, la Martinique perd l’une des figures marquantes de son carnaval. Mais les chansons des « 12 Salopards », toujours reprises lors des défilés et des fêtes populaires, continueront de faire vivre son héritage artistique.




