En partenariat avec les Hôtels Karibea

Après plus d’une décennie de mobilisation, les éleveurs martiniquais regroupés au sein de la coopérative Madivial sont désormais en mesure de proposer des viandes issues d’animaux nourris sans organismes génétiquement modifiés, sans surcoût pour le consommateur. Une avancée structurante pour l’agriculture locale et la souveraineté alimentaire du territoire.

La Martinique comble un retard longtemps dénoncé par sa filière agricole. Jusqu’à récemment, le territoire était le seul outre-mer à ne pas pouvoir importer d’aliments pour bétail garantis sans OGM. Un obstacle levé en octobre 2024, lorsque la Collectivité territoriale de Martinique a voté l’exonération de l’octroi de mer sur ces matières premières spécifiques, ouvrant la voie à une évolution concrète des pratiques d’élevage.

Cette décision politique, complétée par une réorientation ciblée de certaines aides de l’État, notamment dans le cadre du Régime spécifique d’approvisionnement, a permis à la coopérative Madivial, qui fédère une centaine de producteurs de volailles, porcs et ovins, d’engager une transition progressive vers une alimentation animale non modifiée génétiquement. Depuis septembre, une enveloppe annuelle de 325 000 euros accompagne cette transformation.

Une filière plus qualitative sans pénaliser le consommateur

Sur le terrain, les premiers résultats sont visibles. Des éleveurs, comme Patricia Jean-Jacques au François, s’apprêtent à commercialiser leurs productions issues d’animaux nourris sans OGM, à un prix équivalent à celui des viandes conventionnelles. Une évolution rendue possible par un soutien public assumé et par une organisation collective efficace, loin des discours idéologiques souvent déconnectés des réalités économiques.

Pour les responsables agricoles, il s’agit avant tout d’une démarche volontaire et pragmatique. Tous les éleveurs ne peuvent pas encore s’engager dans ce modèle, qui implique des contraintes techniques et logistiques, mais la dynamique est enclenchée. L’objectif est clair : renforcer la qualité des productions locales, répondre aux attentes des consommateurs et consolider une filière stratégique pour l’économie martiniquaise.

Cette avancée illustre ce que peut produire une coopération intelligente entre acteurs économiques et institutions, lorsqu’elle s’inscrit dans une logique de responsabilité, de compétitivité et de respect des choix des producteurs. Un signal positif pour l’agriculture ultramarine, trop souvent fragilisée par des décisions prises loin du terrain.

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