Discrète le jour, vorace la nuit. La limace à crêpe s’est installée en Martinique depuis 2022 et progresse désormais du nord vers le centre de l’île, jusqu’au Lamentin. Au Morne-Rouge, des habitants constatent les dégâts sur leurs pelouses, arbres fruitiers et plantes ornementales. Ce gastéropode invasif ravage les cultures et suscite une vigilance accrue des autorités environnementales.
Un risque sanitaire à ne pas négliger
Chaque nuit, ces mollusques sortent pour se nourrir et dévorent tout sur leur passage. Des riverains inspectent désormais leurs jardins à la lampe torche pour limiter les dégâts. L’espèce ne dispose pas de prédateur identifié localement et présente une forte capacité de reproduction, étant hermaphrodite. Une combinaison qui complique sa régulation.
Au-delà de l’impact agricole, la limace à crêpe représente un risque potentiel pour la santé humaine. Elle peut être porteuse de parasites responsables de deux types d’affections, l’une pouvant provoquer une méningite, l’autre entraînant de fortes douleurs intestinales. Le parasite est naturellement hébergé par le rat, puis transmis via ses déjections à l’environnement, contaminant ensuite les limaces et les escargots, notamment l’achatine, déjà bien implantée dans les jardins martiniquais.
Les enfants en bas âge sont particulièrement exposés, en raison du contact direct avec le sol et du risque de porter les mains à la bouche. Le parasite peut être présent dans la bave de ces mollusques. Les spécialistes du CHUM rappellent toutefois que les cas de méningite liés à ce phénomène restent rares, huit cas ayant été recensés depuis 2000.
Le Parc naturel régional de Martinique appelle la population à signaler la présence de ces limaces afin de mieux cartographier leur progression et mettre en place des actions de régulation. Les habitants sont invités à porter des gants et à se protéger lors des travaux de jardinage ou de débroussaillage.
Face à cette menace silencieuse, la vigilance collective et la prévention demeurent les meilleurs remparts pour protéger à la fois les cultures et la santé publique.




