En partenariat avec les Hôtels Karibea

Les urgences de l’hôpital Louis Domergue, à Trinité, ont rouvert ce samedi 27 décembre après une fermeture temporaire liée à un manque critique de personnel médical. Si la reprise de l’activité permet d’assurer à nouveau l’accueil des patients, le « plan blanc » reste activé, signe d’une situation toujours fragile au cœur du service public hospitalier martiniquais.

Cette fermeture éclair, intervenue en pleine période de fêtes, illustre une réalité désormais récurrente dans les Outre-mer : des établissements contraints de fonctionner en mode dégradé faute de médecins urgentistes en nombre suffisant. À Trinité, il a suffi de quelques absences pour désorganiser tout un service, obligeant la direction à mobiliser en urgence des praticiens d’autres spécialités et à s’appuyer sur le SMUR pour sécuriser les situations les plus graves.

Si l’organisation actuelle permet un fonctionnement « normal » à court terme, les soignants eux-mêmes alertent sur son caractère précaire. L’absence de couverture continue par des urgentistes remet en question la pérennité du service dès les prochains jours. Une urgence hospitalière ne peut reposer durablement sur des bricolages humains et des solutions d’exception, surtout dans un territoire insulaire où les alternatives sont limitées.

Au-delà du cas de Trinité, cet épisode met une nouvelle fois en lumière les failles profondes de la politique de santé dans les Outre-mer. Alors que la Martinique est pleinement française, l’égalité d’accès aux soins reste théorique. Sans stratégie nationale volontariste pour attirer et fidéliser les professionnels de santé dans ces territoires, les réouvertures ponctuelles ne feront que masquer une crise structurelle qui, elle, ne cesse de s’aggraver.

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