En partenariat avec les Hôtels Karibea

La Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles (SARA) a organisé jeudi un exercice de crise grandeur nature sur son site industriel de Martinique afin de tester ses capacités de réaction face à une catastrophe majeure. Cette simulation d’explosion, impliquant de nombreuses victimes fictives, a mobilisé pompiers, soignants, équipes internes et services de secours autour d’un scénario inspiré des risques technologiques auxquels reste exposée l’île.

L’exercice a débuté peu après 9 heures avec une explosion fictive provoquée par une bouteille d’éthylène dans les unités de fabrication. Les procédures d’urgence ont immédiatement été déclenchées avec l’évacuation des personnels et l’intervention des équipes de secours. Selon le scénario établi, dix-neuf personnes étaient portées disparues après l’incident.

La SARA, classée Seveso seuil haut, fait partie des installations industrielles les plus sensibles des Antilles françaises. Ce type de classification européenne concerne les sites présentant des risques technologiques majeurs et impose des normes de sécurité particulièrement strictes.

Un exercice inédit en environnement industriel

L’opération organisée cette semaine possédait une dimension particulière puisqu’elle associait un exercice POI, consacré au plan d’opération interne de l’entreprise, à un exercice NOVI destiné à la gestion d’un grand nombre de victimes. L’objectif consistait notamment à tester simultanément les capacités d’intervention technique et l’organisation des secours médicaux.

Le directeur général de la SARA, Olivier Cotta, a insisté sur l’importance de l’entraînement face au risque de panique en situation réelle. Selon lui, ces exercices permettent d’identifier les failles opérationnelles avant qu’un accident ne survienne réellement.

Douze étudiants spécialisés dans la médecine de catastrophe ont également participé à la simulation dans le cadre d’une formation universitaire consacrée aux désastres sanitaires et aux situations de crise. Les soignants mobilisés ont rappelé que les territoires ultramarins restent particulièrement exposés aux catastrophes naturelles, chimiques ou industrielles.

La sécurité industrielle devient un enjeu stratégique aux Antilles

À l’issue de l’exercice, plusieurs axes d’amélioration ont déjà été identifiés, notamment dans la communication et le comptage des victimes lors des opérations de secours. Les responsables sécurité de la SARA reconnaissent la complexité d’une gestion de crise impliquant un nombre élevé de blessés dans un environnement industriel sensible.

En Martinique, trois sites sont actuellement classés Seveso seuil haut et plusieurs autres relèvent du niveau seuil bas. Cette réalité rappelle l’importance des dispositifs de prévention dans des territoires où les infrastructures industrielles côtoient parfois des zones densément peuplées.

Pour les autorités comme pour les industriels, ces exercices apparaissent désormais indispensables afin de garantir la protection des populations, la continuité économique et la capacité de réaction des services publics en cas de catastrophe majeure.

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