Martinique : le canal de Beauregard menace l’avenir agricole du Nord-Caraïbe

Par Anthony Marques 2 min de lecture
En partenariat avec les Hôtels Karibea

Au Carbet et à Fonds-Saint-Denis, le canal de Beauregard, ouvrage historique indispensable à l’irrigation d’une centaine d’hectares de terres agricoles, se dégrade inexorablement. Fuites, manque d’entretien et réponses insuffisantes des autorités : les exploitants tirent la sonnette d’alarme.

Le canal de Beauregard, aussi connu sous le nom de canal des Esclaves, est un ouvrage dont dépend directement la viabilité agricole du Nord-Caraïbe martiniquais. Irriguant près de 100 hectares de terres au Carbet et à Fonds-Saint-Denis, il constitue une infrastructure vitale pour les exploitants de la zone. Pourtant, sa dégradation avancée met aujourd’hui en péril des activités économiques entières.

Depuis plusieurs années, les agriculteurs alertent sur l’état préoccupant du canal : fuites importantes, diminution des ressources en eau acheminées, travaux d’entretien jugés notoirement insuffisants. Malgré ces signaux répétés, les solutions durables tardent à se concrétiser, laissant les exploitants dans une incertitude croissante quant à l’avenir de leurs cultures.

Les conséquences dépassent le seul secteur agricole. Le canal de Beauregard, itinéraire de randonnée emblématique du Nord-Caraïbe, reste fermé au public en raison des risques d’éboulement. Cette fermeture pèse sur l’activité touristique locale, privant la zone d’une fréquentation qui représente un apport économique non négligeable pour les commerces et prestataires du secteur.

Face à l’urgence, les exploitants réclament une prise en charge sérieuse et rapide de la remise en état de l’ouvrage. L’enjeu est clair : sans investissement structurel dans cette infrastructure, c’est toute une filière agricole locale qui risque de se trouver fragilisée, avec des répercussions directes sur l’emploi et la production alimentaire du territoire.