Les difficultés récurrentes rencontrées par les usagers des transports en commun en Martinique trouvent leur origine dans un déséquilibre financier ancien. Huit ans après la création de Martinique Transport, l’autorité organisatrice fait face à un modèle économique devenu difficilement soutenable, compromettant la continuité du service public.
Créée en 2018, Martinique Transport avait pour mission de regrouper l’organisation des transports publics à l’échelle de l’île. Dès sa mise en place, la nouvelle structure a toutefois hérité de réseaux financés par plusieurs collectivités disposant de moyens très différents.
La Collectivité territoriale de Martinique a transféré l’essentiel des ressources consacrées aux transports, tandis que les établissements publics de coopération intercommunale apportaient des financements plus limités, notamment dans le nord de l’île.
Afin d’améliorer l’offre de transport sur ce territoire moins bien desservi, Martinique Transport a décidé d’augmenter les moyens consacrés au réseau nord. Malgré cet effort financier, les déséquilibres budgétaires se sont progressivement accentués.
Un modèle économique devenu fragile
Selon la direction de Martinique Transport, les dépenses engagées dépassent désormais largement les recettes disponibles.
Pour l’exercice 2024, l’autorité organisatrice indique avoir contractualisé près de 170 millions d’euros de dépenses alors que les recettes attendues n’atteignent que 158 millions d’euros. Cet écart ne prend pas encore en compte les dépenses de fonctionnement, notamment les salaires, les loyers ou les coûts informatiques.
Ce déséquilibre budgétaire s’est aggravé au fil des années sous l’effet de la baisse des recettes et de la progression continue des charges d’exploitation.
Les conséquences sont désormais visibles pour les usagers, confrontés à des perturbations régulières sur plusieurs lignes du réseau.
Une réforme devenue indispensable
Face à cette situation, les responsables de Martinique Transport estiment qu’une profonde réorganisation du système est désormais nécessaire.
Parmi les pistes étudiées figure la résiliation de certains contrats afin de reconstruire un modèle économique compatible avec les capacités financières réelles de l’établissement.
L’objectif affiché est de garantir durablement la continuité d’un service public indispensable aux déplacements quotidiens des Martiniquais.
Cette réflexion intervient dans un contexte où la qualité des transports collectifs constitue un enjeu majeur pour le développement économique, la mobilité des salariés, des étudiants et des familles ainsi que pour l’attractivité du territoire. Restaurer un réseau fiable et financièrement équilibré apparaît désormais comme une priorité pour assurer aux habitants un service public de transport à la hauteur de leurs besoins.



