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Selon les informations de RCI, le tribunal correctionnel de Fort-de-France a condamné ce vendredi 9 janvier un ancien cadre dirigeant de Groupama Martinique pour « injures publiques raciales » après des propos tenus en juin 2021.

Près de cinq ans après les faits, cet ancien cadre européen de l’assureur a été reconnu coupable d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un collègue salarié sur le site de Kerlys à Fort-de-France. Il a été condamné à une amende de 3 000 euros. La victime, qui avait porté l’affaire devant la justice, a obtenu une indemnisation de 2 000 euros pour le préjudice subi.

Les faits remontent au 17 juin 2021, lorsque des salariés de Groupama en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane avaient interrompu le travail après qu’un cadre eut lancé à un collaborateur : « Ferme ta gueule, sale nègre ». Ces propos avaient alors suscité une forte réaction interne et entraîné le licenciement immédiat du dirigeant par son employeur, avant l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Une procédure longue pour faire reconnaître l’inadmissible

L’affaire a connu une instruction de longue haleine. Initialement, le parquet avait proposé de qualifier les faits d’injure non publique devant un tribunal de police. La défense de la victime, soutenue par ses avocats, a cependant obtenu que l’affaire soit jugée pour injures publiques raciales devant le tribunal correctionnel, une qualification plus sévère qui a finalement été retenue.

Maître Eddy Arneton, avocat de la victime, a salué la décision comme l’aboutissement d’un « long combat judiciaire » mené depuis six ans, et un rappel clair que de tels propos ne sont « pas admissibles de nos jours ». Il a également exprimé l’espoir que cette condamnation serve de référence pour dissuader d’autres comportements du même ordre.

Le prévenu n’était pas présent à l’audience. Au cours de la procédure, il avait quitté la Martinique et, selon les avocats, fui ses convocations avant d’être retrouvé en métropole. Lors de ses auditions, il aurait minimisé ses propos, affirmant ne pas se souvenir de l’expression utilisée, ce qu’ont relevé ses détracteurs comme un manque de responsabilité.

Cette condamnation s’inscrit dans un contexte réaffirmant que les valeurs républicaines contre le racisme et les discriminations s’appliquent pleinement en Outre-mer comme dans l’ensemble du territoire national, prenant en compte les spécificités locales mais sans tolérer de dérapages contraires à la loi.

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