Face à l’invasion régulière des sargasses sur les côtes martiniquaises, un nouveau dispositif vient renforcer les moyens de lutte en mer. Le Sargator III, inauguré au François par le préfet de la Martinique, doit permettre d’intensifier la collecte des algues brunes avant qu’elles n’atteignent le littoral.
Mis à l’eau dans la commune du François, ce nouveau navire rejoint la flotte déjà mobilisée contre ce phénomène environnemental devenu récurrent dans la région. Plus performant que ses prédécesseurs, il est capable de récupérer environ 1,4 tonne de sargasses en moins d’une minute et demie.
Le dispositif sera déployé en mer quotidiennement pendant deux ans. L’objectif affiché est de retirer jusqu’à 105 tonnes d’algues par jour, notamment au large des communes du François et du Robert, des zones particulièrement touchées par ces échouages massifs.
Un dispositif pour protéger les côtes
La stratégie repose sur une intervention en mer afin d’empêcher les sargasses d’atteindre les baies et les plages du littoral. Une fois collectées, les algues sont transférées sur des barges avant d’être séchées puis immergées au large.
Le Sargator III fonctionne en complément des barrages flottants déjà installés dans certaines zones sensibles. Ces dispositifs visent à limiter l’arrivée des algues dans les anses et les ports, où leur accumulation provoque des nuisances environnementales et sanitaires.
L’investissement total pour ce nouveau dispositif s’élève à environ 3 millions d’euros sur deux ans. Le projet est porté par le groupement d’intérêt public chargé de la gestion des sargasses et repose sur l’intervention de deux entreprises privées. L’État participe largement au financement, notamment via le fonds d’intervention maritime.
Une lutte qui reste complexe
Malgré le renforcement des moyens techniques, la lutte contre les sargasses demeure un défi majeur pour les collectivités. Les autorités redoutent d’ailleurs une saison 2026 aussi difficile que celle de l’année précédente.
Au-delà des équipements, le secteur rencontre également des difficultés de recrutement. Les opérations de collecte restent physiquement éprouvantes, ce qui complique le maintien d’effectifs suffisants sur le terrain.
Pour répondre à ces besoins, les équipes intervenant sur ces opérations sont désormais encadrées par des prestataires disposant d’obligations contractuelles sur la durée du programme. Une équipe d’une quinzaine de personnes devrait ainsi assurer la continuité des opérations pendant les deux années du contrat.
Le dispositif devrait encore être renforcé dans les prochains mois avec l’arrivée d’une nouvelle barge d’immersion, destinée à améliorer la gestion des algues collectées en mer.




