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La cour criminelle de Martinique a condamné, vendredi soir, Patrick Phanor Lange, 58 ans, à 12 ans de réclusion criminelle pour viol aggravé sur un mineur de 16 ans au moment des faits. Les faits remontent à 2019 et avaient été signalés au diocèse en 2022, avant d’être transmis aux autorités judiciaires.

L’accusé, prêtre engagé depuis 2001, a été reconnu coupable de viol aggravé par l’autorité que lui conféraient ses fonctions. La peine est assortie d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans, d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime et d’exercer toute activité en lien avec des mineurs. Il est également inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).

Au cours de l’instruction et du procès, l’accusé a reconnu l’existence de relations sexuelles avec le jeune homme, mais a contesté la qualification de viol, soutenant que les faits relevaient d’une relation consentie. Le débat sur la notion de consentement, compte tenu de l’âge de la victime et de la position d’autorité du prêtre, a été central dans les audiences.

L’avocat général avait requis 12 ans de prison, soit la peine finalement prononcée par la cour. La défense a souligné que les expertises versées au dossier ne faisaient pas état de pulsions pédophiles et a insisté sur l’absence, selon elle, de caractère contraint des relations.

L’affaire a été rendue publique après un signalement effectué en 2022 par le diocèse de Martinique, à la suite des confidences de la victime. Une enquête judiciaire a été ouverte, conduisant à la mise en examen du prêtre puis à son renvoi devant la cour criminelle.

Le procès, marqué par des débats sous tension, s’est tenu en partie à huis clos. Patrick Phanor Lange était placé en détention provisoire depuis plusieurs années. Il encourait jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

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