L’Agence régionale de santé (ARS) de Martinique a lancé ce mercredi 11 mars une concertation territoriale dans le cadre de l’élaboration d’un Plan intégré de lutte contre les arboviroses (PILA). Ce séminaire marque une nouvelle étape après plus d’un an de travaux menés avec les acteurs sanitaires et institutionnels du territoire.
Un territoire exposé à des épidémies régulières
La rencontre réunit institutions publiques, scientifiques, professionnels de santé, collectivités et opérateurs de terrain. L’objectif est de présenter les conclusions des travaux préparatoires et d’engager une phase de consultation afin d’affiner les orientations stratégiques du futur plan.
La Martinique demeure particulièrement vulnérable aux arboviroses, ces maladies transmises par le moustique Aedes aegypti, comme la dengue, le chikungunya ou encore le Zika. Selon les autorités sanitaires, le territoire connaît en moyenne une épidémie tous les deux à trois ans depuis plus de quinze ans.
Les conditions climatiques, l’environnement tropical et les mobilités dans la zone caraïbe favorisent la circulation de ces virus. Les autorités soulignent également le risque d’introduction de nouveaux arbovirus ou de réémergence d’agents déjà connus.
Le futur plan doit remplacer le dispositif PSAGE dengue, jugé aujourd’hui insuffisant face à l’évolution des risques sanitaires.
Le Plan intégré de lutte contre les arboviroses est piloté par l’ARS Martinique, la préfecture, le CHU de Martinique, Santé publique France ainsi que les collectivités locales. Il s’inscrit dans le cadre réglementaire fixé par le décret de 2019 sur la gouvernance de la lutte antivectorielle.
La stratégie repose sur quatre axes principaux. D’abord, le renforcement de la surveillance épidémiologique afin d’améliorer la détection précoce des virus et le partage rapide des données sanitaires. Ensuite, l’amélioration de la prise en charge des patients grâce à une meilleure coordination entre médecine de ville et hôpital.
Le troisième axe concerne la lutte antivectorielle avec une clarification des responsabilités entre les différents acteurs et le développement de nouvelles méthodes pour limiter l’usage de produits biocides. Enfin, le plan prévoit de renforcer la communication et la mobilisation du public pour encourager les comportements de prévention.
Présenté comme un document évolutif, le PILA doit être régulièrement actualisé afin d’intégrer les avancées scientifiques et les nouveaux enjeux sanitaires liés notamment au changement climatique.




