Nouvelle illustration des difficultés sécuritaires auxquelles reste confronté le centre pénitentiaire de Ducos en Martinique. Une tentative d’introduction d’objets interdits a été déjouée ces derniers jours après la découverte de quinze smartphones dissimulés dans une livraison de pain destinée à l’établissement. Une saisie importante qui relance les interrogations sur les réseaux de trafic opérant encore au sein des prisons ultramarines.
Les agents pénitentiaires ont intercepté la cargaison lors d’un contrôle effectué à l’entrée du centre. Les téléphones étaient cachés dans des pains destinés à être livrés à l’intérieur de la prison. Selon les premiers éléments, la vigilance des surveillants a permis d’empêcher l’introduction du matériel avant sa distribution aux détenus. Une enquête doit désormais déterminer l’origine exacte de l’opération ainsi que les éventuelles complicités mobilisées à l’extérieur comme à l’intérieur de l’établissement.
Le trafic de téléphones portables reste un enjeu majeur dans de nombreux établissements pénitentiaires français. Ces appareils permettent parfois la poursuite d’activités criminelles depuis les cellules : organisation de trafics, intimidations, escroqueries ou coordination avec des réseaux extérieurs. Dans les territoires ultramarins, où les tensions carcérales et la surpopulation compliquent déjà le travail des surveillants, les autorités cherchent à renforcer les contrôles afin de restaurer l’autorité de l’État dans des prisons régulièrement sous pression.
Une pression sécuritaire permanente dans les prisons ultramarines
Cette nouvelle affaire intervient alors que le gouvernement multiplie les annonces autour du plan national de lutte contre les objets illicites en détention. L’exécutif promet depuis plusieurs mois un renforcement des dispositifs de détection, du brouillage téléphonique et des contrôles logistiques afin de limiter l’influence des réseaux criminels derrière les barreaux.
En Martinique, les syndicats pénitentiaires alertent régulièrement sur le manque de moyens humains et matériels face à des trafics toujours plus sophistiqués. Les méthodes d’introduction se diversifient : drones, colis projetés depuis l’extérieur, complicités lors des livraisons ou objets cachés dans l’alimentation. Pour les représentants des surveillants, la fermeté judiciaire et le renforcement des effectifs restent indispensables afin d’éviter que certains établissements ne deviennent des centres de commandement criminels.
L’affaire de Ducos rappelle une nouvelle fois que la question carcérale demeure un enjeu majeur de sécurité publique dans les Outre-mer. Pour de nombreux élus attachés à l’autorité républicaine, la lutte contre les trafics en prison constitue désormais une priorité afin de protéger les personnels pénitentiaires, garantir l’ordre et empêcher la montée de réseaux délinquants structurés dans les territoires ultramarins.



