Un fonctionnaire de la police nationale a été violemment pris à partie samedi soir à Kahani, alors qu’il rentrait chez lui. Blessé à la tête après l’attaque de son véhicule, il a fait usage de son arme pour se dégager, sans faire de victime. Un nouvel épisode révélateur de la dégradation grave de la sécurité sur l’île.

Les faits se sont produits aux alentours de 23 heures. Le policier, hors service, est tombé sur un barrage dressé sur la route de Kahani. Selon les premiers éléments, plusieurs individus ont pris pour cible son véhicule, brisant les vitres et le blessant à la tête. Face à l’agression, l’agent a tiré à plusieurs reprises afin de repousser ses assaillants et de pouvoir se mettre en sécurité. Aucun blessé n’est à déplorer du côté des agresseurs.

Deux enquêtes ouvertes, un climat d’insécurité persistant

Saisi des faits, le parquet a confirmé l’ouverture de deux procédures distinctes. La première concerne les violences et les caillassages, et a été confiée à la gendarmerie. La seconde porte sur l’usage de son arme par le policier, bien qu’il se trouvait hors service au moment des faits. Sur ce point, le parquet appelle à la prudence et indique qu’aucune conclusion ne peut être tirée à ce stade.

Cet épisode intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu à Mayotte, où les barrages sauvages, les agressions nocturnes et les attaques ciblant les forces de l’ordre se multiplient. Des pratiques devenues quasi quotidiennes dans certains secteurs, au mépris total de l’ordre public et de l’autorité de l’État.

L’autorité de l’État une nouvelle fois mise à l’épreuve

Dans un rapport publié à l’automne 2025, l’Inspection générale de la police nationale relevait déjà une hausse préoccupante du recours aux armes par les forces de l’ordre dans les Outre-mer. En 2024, douze tirs d’intimidation ont été recensés en France, dont la moitié à Mayotte sur les seuls premiers mois de l’année. Un chiffre qui illustre la violence croissante à laquelle sont confrontés policiers et gendarmes sur le terrain.

À Kahani, comme ailleurs sur l’île, cette agression rappelle l’urgence absolue de rétablir l’ordre républicain. La protection des forces de sécurité, le démantèlement des barrages illégaux et la fermeté judiciaire face aux violences ne sont plus des options, mais des nécessités. À Mayotte, département français à part entière, l’État se doit d’assumer pleinement son rôle régalien pour garantir la sécurité des citoyens et de ceux qui les protègent.

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