Des chercheurs de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) ont identifié pour la première fois un vaste champ d’hydrates de CO2 au fond de l’océan Indien, à proximité de Mayotte. Environ 120 amas de cette forme de glace emprisonnant du dioxyde de carbone ont été repérés dans la zone du Fer à Cheval, à une dizaine de kilomètres à l’est du territoire ultramarin. Cette découverte, rendue publique le 12 juin, constitue une première scientifique mondiale.
Les accumulations de CO2 solide ont été observées à plus de 1 200 mètres de profondeur, dans des conditions de pression extrême et de températures très basses. Certains de ces dépôts dépassent un mètre de hauteur. Selon l’Ifremer, ces formations résultent de l’interaction entre des émissions naturelles de dioxyde de carbone d’origine magmatique, la pression des fonds marins et les faibles températures caractéristiques de ces profondeurs océaniques.
Un phénomène lié au volcan Fani Maore
L’apparition de ce phénomène inédit est directement liée à l’activité du volcan sous-marin Fani Maore, dont l’émergence a profondément modifié le paysage géologique de la zone. Les émanations volcaniques produisent du CO2 qui, dans ces conditions particulières, se transforme en hydrates solides au lieu de se dissoudre dans l’eau ou de remonter vers la surface. Jamais un tel site n’avait été observé auparavant dans l’océan Indien, ni ailleurs dans le monde avec cette ampleur.
Cette découverte ouvre des perspectives majeures pour la recherche océanographique et climatique. Les hydrates de CO2 constituent un objet d’étude essentiel pour mieux comprendre les cycles du carbone dans les profondeurs marines, les interactions entre activité volcanique et stockage naturel de gaz à effet de serre, ainsi que les écosystèmes capables de se développer dans des environnements aussi extrêmes. Les scientifiques souhaitent désormais approfondir les observations pour mesurer l’étendue exacte du phénomène et analyser son évolution dans le temps.
Des enjeux scientifiques et climatiques majeurs
Au-delà de l’intérêt scientifique, cette trouvaille confirme la richesse géologique et la spécificité de l’environnement marin de Mayotte. Elle témoigne également de l’intensité de l’activité volcanique sous-marine qui se poursuit depuis plusieurs années dans cette partie de l’océan Indien. Les équipes de l’Ifremer poursuivront leurs campagnes d’exploration pour documenter ce phénomène unique et en tirer des enseignements sur le fonctionnement des fonds océaniques et leur rôle dans la régulation du climat.



