Face aux tensions croissantes sur le marché locatif mahorais, des enquêtes sont actuellement menées à Mamoudzou, Dembéni, Koungou et en Petite-Terre afin de mesurer précisément les niveaux de loyers. Ces travaux doivent préparer la création d’un observatoire local des loyers, préalable indispensable à toute réflexion sur un éventuel encadrement des prix.
Trouver un logement à Mayotte est devenu un défi majeur, aggravé par les conséquences du cyclone Chido et par une offre structurellement insuffisante. Jusqu’à présent, ce déséquilibre était largement ressenti mais difficile à objectiver. Pour y remédier, l’agence d’urbanisme Amani, chargée d’accompagner les collectivités locales, a lancé une phase d’enquêtes sur les loyers dans le périmètre de la Cadema, avant d’étendre ses travaux à la Petite-Terre puis à Koungou au début de l’année 2026.
Ces données constitueront le socle du futur observatoire local des loyers, destiné à intégrer Mayotte au réseau national existant depuis 2013. À ce jour, 37 observatoires sont opérationnels en France, mais seuls La Réunion et la Guadeloupe sont représentés dans les Outre-mer. L’objectif est de disposer d’indicateurs fiables sur les loyers pratiqués, afin d’éclairer les décisions publiques et d’apporter davantage de transparence au marché.
Un outil préalable à l’encadrement des loyers
Ces travaux s’inscrivent dans un contexte politique plus large. Une agence départementale d’information sur le logement est également en cours de création à Mayotte, afin d’offrir aux particuliers un appui juridique et pratique. Toutefois, son fonctionnement reste suspendu aux arbitrages budgétaires à venir, dans l’attente de l’adoption de la loi de finances.
En toile de fond, la question de l’encadrement des loyers refait surface. Une proposition de loi adoptée en juin prévoit la possibilité d’expérimenter ce dispositif dans les cinq départements et régions d’Outre-mer. Jusqu’ici, aucune commune ultramarine n’avait été retenue lors de la mise en place du mécanisme dans l’Hexagone, en 2018, au titre de la loi ELAN.
Pour être éligibles, les collectivités doivent toutefois démontrer l’existence d’un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande, un niveau de loyers élevé ou un déficit de construction. Autant de critères qui exigent des données précises et objectives. À Mayotte, la collecte actuellement menée apparaît donc comme une étape incontournable, avant toute décision politique, dans un territoire où la pression démographique et les contraintes foncières rendent la question du logement particulièrement sensible.




