À Mayotte, la prolifération des rats prend une tournure inquiétante et exaspère la population. Un phénomène connu de longue date, mais qui s’est nettement aggravé depuis le passage du cyclone Chido, dans un contexte de déchets qui s’accumulent et d’un ramassage jugé irrégulier par le SIDEVAM. Résultat, l’île offre aux rongeurs un terrain idéal pour se nourrir, se cacher et se reproduire.

Des caniveaux aux maisons, les rongeurs gagnent du terrain

Avec les déchets entassés dans les caniveaux et les abords de routes, les rats se sont installés durablement. Et avec la pluie, le problème se déplace. Comme l’explique Ali Rassoulou, responsable d’une agence de dératisation, l’eau nettoie partiellement les caniveaux, ce qui pousse les rongeurs à fuir et à chercher refuge ailleurs, y compris à l’intérieur des habitations. Une situation qui alimente un sentiment d’abandon et fait monter la tension dans les quartiers.

Face à cette invasion, les professionnels de la dératisation sont sollicités plus que jamais. Mais sur le terrain, la lutte se heurte à des difficultés concrètes. Les méthodes classiques montrent leurs limites : la pose de raticides ne suffit pas toujours et les rats, de plus en plus méfiants, évitent parfois les appâts. Le même professionnel évoque aussi l’apparition d’autres espèces de rats, dont l’origine n’est pas clairement identifiée, ce qui complique encore le traitement.

Sans retour à un ramassage régulier et massif des déchets, la dératisation seule ne pourra pas régler le problème. La réalité est brutale : tant que les détritus resteront accessibles, la prolifération continuera. Cette crise n’est pas seulement une nuisance, c’est un enjeu de salubrité publique qui exige une réponse ferme, coordonnée et durable.

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