En déplacement à Mayotte ce lundi, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a visité le centre pénitentiaire de Majicavo, confronté à une surpopulation chronique. Avec un taux d’occupation supérieur à 220 % depuis plus d’un an, l’établissement symbolise la pression sécuritaire qui pèse sur le 101e département français.

Répondre à l’urgence carcérale

À l’issue de sa visite, le ministre de la Justice a annoncé le lancement rapide d’études pour la construction d’un deuxième établissement pénitentiaire. Deux terrains ont été identifiés. Le projet prévoit entre 250 et 300 places supplémentaires sous forme de bâtiments modulaires préfabriqués, avec un délai de réalisation estimé entre 18 et 24 mois.

Ce choix de structures modulaires marque une évolution par rapport au projet initial de 2022, qui envisageait une prison “en dur” de 400 places. Le gouvernement privilégie désormais des solutions plus rapides à déployer, dans le cadre d’un programme national de 3 000 places supplémentaires.

À Majicavo, des travaux seront également engagés dans les prochaines semaines pour limiter les projections d’objets depuis l’extérieur et réhabiliter la cuisine centrale. Près de 2 millions d’euros seront consacrés à ces aménagements, auxquels s’ajouteront des opérations de modernisation et de maintenance.

Le ministre a confirmé le versement d’une indemnité de sujétion géographique aux agents pénitentiaires affectés à Mayotte qui ne l’ont pas encore perçue. Il a aussi rappelé que la poursuite des expulsions d’étrangers condamnés constitue un levier complémentaire pour désengorger la prison. Selon les chiffres communiqués, 270 expulsions ont été réalisées l’an dernier.

Dans un territoire où la question sécuritaire est centrale, ces annonces traduisent la volonté de l’État de renforcer ses moyens régaliens. Reste désormais à concrétiser rapidement ces engagements pour soulager un établissement sous tension permanente.

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