C’est une petite révolution pour le 101e département français. Depuis hier matin, Mayotte dispose officiellement de son tout premier réseau de transport en commun. Porté par la communauté de communes du centre-ouest, ce dispositif repose pour l’instant sur deux lignes d’autocars reliant les villages de l’intercommunalité. Une mise en service saluée par les premiers usagers, dans un territoire où la mobilité reste un défi quotidien.

Un tournant attendu dans un territoire enclavé

Dès les premières rotations, les autocars sont partis à l’heure. Véhicules modernes, propres et dédiés au transport collectif, affichage clair des arrêts, boutons d’arrêt, espaces pour passagers debout, panneaux matérialisant les stations en ville : tout est pensé pour structurer un véritable service public de mobilité. À bord, des agents délivrent les tickets, renforçant l’organisation du dispositif. Les correspondances entre les deux lignes s’effectuent sans difficulté.

Pour les habitants qui ont emprunté ces premiers bus, le changement est tangible. Beaucoup parlent d’un tournant majeur dans un département confronté à l’enclavement, aux embouteillages et à l’absence historique de réseau structuré. L’enthousiasme est réel, signe d’un besoin longtemps resté sans réponse.

Des interrogations subsistent toutefois. D’ici quelques semaines, cinq nouvelles lignes portées par le Conseil départemental doivent entrer en service. Reste à clarifier l’articulation entre ces futures dessertes et celles du centre-ouest, la mise en place éventuelle de titres de transport communs et les correspondances avec les navettes existantes.

Une chose est sûre : en dotant Mayotte d’un réseau de bus, même embryonnaire, la République franchit une étape essentielle pour l’égalité territoriale et le désenclavement de l’île au lagon.

Privacy Preference Center