À Mayotte, l’Agence régionale de santé (ARS) lance la deuxième édition de son étude “Santé des jeunes”, en lien avec le rectorat et l’Observatoire régional de la santé. Objectif : remettre à jour des données essentielles sur l’état de santé des enfants, leurs habitudes de vie, leur alimentation et leur recours aux soins, afin d’ajuster les politiques publiques de prévention. L’enquête se déroulera jusqu’à la fin mars 2026.
Concrètement, 1.000 élèves âgés de 10 à 12 ans, scolarisés en classe de 6e, seront tirés au sort. Ils répondront à un questionnaire portant sur leurs conditions de vie, leurs comportements de santé, leur alimentation et leurs connaissances. En complément, des dépistages seront réalisés, notamment sur la vision, l’audition et la santé bucco-dentaire.
L’ARS insiste sur un point : les résultats seront anonymes et exploités uniquement de manière globale. La participation nécessite l’accord des parents, qui seront informés via le carnet de liaison.
Des résultats 2019 qui avaient révélé une situation sanitaire préoccupante
L’intérêt de cette nouvelle édition est aussi de mesurer l’évolution de constats déjà alarmants. La première enquête, menée en 2019, avait mis en évidence plusieurs fragilités majeures chez les enfants mahorais.
Selon ces données, près de 30 % des élèves présentaient une vision inférieure à 10/10 sur au moins un œil. Deux enfants sur cinq avaient au moins une carie ou une dent manquante, et 14 % souffraient d’une anomalie auditive. L’étude relevait aussi des déséquilibres nutritionnels, avec à la fois des situations de surpoids et d’insuffisance pondérale, chacune concernant environ un enfant sur dix. Enfin, 6 % des élèves étaient déclarés asthmatiques.
Prévention, soins, responsabilité : une question de santé publique
Cette étude rappelle une réalité trop souvent ignorée dans le débat public : à Mayotte, la question sanitaire ne se limite pas à l’hôpital ou aux urgences. Elle concerne aussi l’école, la prévention, l’accès aux soins de base et la capacité des institutions à suivre sérieusement l’état de santé des jeunes générations.
L’enjeu est clair : disposer de chiffres solides, objectifs, pour sortir du pilotage à l’aveugle et bâtir des actions concrètes. Car sans diagnostic fiable, il n’y a ni stratégie efficace, ni politique publique crédible.




