Le constat est alarmant. Selon le bilan 2024 du REMMAT, publié le 23 février, le braconnage demeure la première cause de mortalité des tortues marines à Mayotte. Sur 152 tortues retrouvées mortes l’an dernier, 129 ont été victimes de braconnage, soit 84 % des cas. Un niveau supérieur à la moyenne observée depuis 2011, qui confirme la pression persistante sur ces espèces protégées.
Des sauvetages systématiques mais une pression toujours forte
Les méthodes employées restent d’une grande brutalité : dépeçage sur la plage, carapaces abandonnées ou enterrées, mutilations en mer pour effacer les traces. Les pics d’atteinte coïncident avec la saison de ponte des tortues vertes, notamment en juin, juillet et septembre. Les secteurs les plus touchés se situent dans le sud-ouest de Grande-Terre, à Kani-Kéli, Chiconi et Bandrélé, ainsi qu’à M’tsangamouji et dans plusieurs zones de Petite-Terre.
Entre 192 et 213 signalements de tortues mortes ou en détresse ont été recensés en 2024, dont 192 cas confirmés. La tortue verte représente 83 % des individus observés. Les tortues imbriquées comptent pour 4 % et une tortue caouanne a été identifiée. Dans 13 % des cas, l’espèce n’a pu être déterminée.
Près des deux tiers des signalements concernaient des animaux déjà morts. En revanche, les 27 tortues retrouvées vivantes en détresse ont toutes pu être sauvées. Dans plus de la moitié des situations, l’origine était naturelle : échouage, épuisement après la ponte ou animal coincé. D’autres cas relevaient de captures accidentelles ou de tentatives de braconnage. Fait notable, une tortue caouanne blessée a été soignée puis relâchée, une première à Mayotte depuis la création du réseau.
Le REMMAT, qui compte désormais 102 membres actifs après 63 nouvelles formations en 2024, souligne toutefois une couverture territoriale inégale. Certaines zones du nord restent insuffisamment surveillées malgré une forte pression.
Si le nombre total de cas baisse légèrement par rapport à 2023, le taux de mortalité lié au braconnage reste extrêmement élevé. Le renouvellement du Pacte de sauvegarde des tortues marines en août 2024 doit permettre de renforcer la présence sur les plages dès 2025. À Mayotte, la protection de la biodiversité reste un enjeu majeur de souveraineté environnementale.




