Nouvelle opération escargot ce mardi à Mamoudzou. Depuis une semaine, les chauffeurs de taxi multiplient les actions pour obtenir l’accès aux voies réservées du Caribus, estimant subir une concurrence qu’ils jugent déloyale. La circulation dans la commune chef-lieu a de nouveau été fortement ralentie.
Les voies du Caribus sont aujourd’hui réservées aux bus et aux véhicules de secours. Or, les bus circulent gratuitement tant que le système de billettique n’est pas opérationnel, tout en bénéficiant de couloirs dédiés leur permettant d’éviter les embouteillages chroniques. Les taxis dénoncent une situation déséquilibrée qui fragilise directement leur activité, dans un contexte économique déjà tendu.
Le porte-parole des chauffeurs, également président d’une coopérative locale, affirme que la profession ne réclame pas de traitement de faveur, mais une égalité de conditions. Selon lui, il n’est pas acceptable que certains acteurs du transport disposent d’avantages structurels quand d’autres restent bloqués dans les bouchons, avec des charges identiques et une clientèle en baisse.
Un conflit révélateur d’un manque de concertation
À ce stade, les discussions avec la communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou semblent au point mort. Les représentants des taxis évoquent une absence de dialogue et préviennent qu’ils sont prêts à durcir le mouvement pour se faire entendre. Cette impasse nourrit les tensions et pénalise en premier lieu les usagers.
Le développement d’un réseau de transport moderne est indispensable pour Mayotte. Mais il ne peut se faire au détriment d’acteurs économiques locaux qui participent eux aussi au service de la population. L’autorité publique doit fixer des règles claires, garantir la sécurité et préserver l’équilibre entre innovation et respect des professionnels installés.
Dans un territoire confronté à de multiples défis, la stabilité et la concertation sont essentielles. Il appartient désormais aux responsables locaux de sortir du silence et d’apporter une réponse ferme et équitable, afin d’éviter que ce conflit ne s’enlise au détriment de l’ordre public et de l’activité économique.



