À peine créé, le syndicat général des travailleurs des ports de Mayotte soutient une évolution majeure pour le port de Longoni, en appelant à son passage au statut de grand port maritime à compter de janvier 2027. Une position qui s’inscrit dans le cadre fixé par la loi pour la refondation de Mayotte et qui remet au centre la responsabilité de l’État dans une infrastructure stratégique pour l’île.

Fondé en mars 2025 et rattaché à la CGT, le syndicat général des travailleurs des ports de Mayotte a pris l’une de ses premières positions publiques en faveur d’un changement de gouvernance du port de Longoni. Dans un communiqué, il affirme son soutien à une transformation rapide du port en grand port maritime, estimant que ce statut permettrait une gestion plus rigoureuse, un développement des infrastructures et une amélioration du service rendu aux usagers et aux entreprises.

Le syndicat prévoit de porter cette position auprès des élus locaux, notamment du président du conseil départemental. Aujourd’hui, la collectivité départementale demeure l’autorité gestionnaire du port, dont l’exploitation a été confiée à Mayotte Channel Gateway dans le cadre d’une délégation de service public. Cette délégation constitue le principal verrou juridique au changement de statut.

Un enjeu de souveraineté et d’efficacité économique

Le passage au statut de grand port maritime placerait le port de Longoni sous la responsabilité directe de l’État. Créés en 2008, les grands ports maritimes sont des établissements publics nationaux chargés de gérer des infrastructures essentielles au commerce et à la souveraineté économique. Ils assurent aujourd’hui l’essentiel des échanges maritimes français, notamment dans les territoires ultramarins, où ils constituent un levier central de développement et de sécurisation des approvisionnements.

Pour Mayotte, territoire fortement dépendant des importations, cette évolution répond à une logique de renforcement de l’autorité de l’État et de rationalisation de la gestion portuaire. Elle figure d’ailleurs explicitement dans la loi pour la refondation de Mayotte adoptée le 11 août 2025, qui prévoit cette transformation à l’issue de la délégation de service public en cours, après la réalisation d’un audit financier.

Reste une incertitude majeure liée au calendrier judiciaire. Initialement prévue pour s’achever en octobre 2028, la délégation accordée à MCG a fait l’objet d’une décision du tribunal administratif de Mayotte en juin dernier. Les juges ont prononcé la résiliation du contrat à compter du 1er septembre 2026, en raison de manquements jugés graves et répétés au bon fonctionnement du port. L’exploitant a annoncé avoir fait appel, ce qui maintient une part d’incertitude.

Dans un contexte où Mayotte a plus que jamais besoin de stabilité institutionnelle, d’investissements structurants et d’une gestion rigoureuse de ses infrastructures stratégiques, la reprise en main par l’État du port de Longoni apparaît pour beaucoup comme une étape logique et nécessaire. Elle conditionnera largement la capacité du territoire à se développer dans un cadre républicain solide et efficace.

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