La célébration du Miradj, fixée au samedi 17 janvier par le conseil cadial de Mayotte, entraîne plusieurs fermetures et suspensions de services publics sur l’île. Une organisation spécifique, désormais habituelle, qui interroge une nouvelle fois l’articulation entre pratiques religieuses locales et fonctionnement des institutions républicaines.

Le Grand cadi de Mayotte, Mahamoudou Hamada Saanda, a officiellement arrêté la date du Miradj, correspondant à l’ascension du prophète Muhammad dans le calendrier hégirien. Ce jour est reconnu comme férié sur le territoire, afin de permettre aux fidèles de se consacrer à la prière et au jeûne. En conséquence, l’Université de Mayotte, située à Dembéni, a annoncé une fermeture exceptionnelle pour la journée de samedi.

Transports scolaires à l’arrêt dans un contexte déjà tendu

Le réseau de transport scolaire halO’ a également confirmé la suspension totale de ses services pour la journée du 17 janvier. Cette interruption intervient dans une semaine déjà marquée par de fortes perturbations, liées à un droit de retrait exercé par des chauffeurs confrontés à des actes de violence répétés sur les bus scolaires. L’opérateur espère une reprise normale des lignes dès le lundi suivant.

D’autres administrations ont anticipé ce jour férié. La Caisse de sécurité sociale de Mayotte a ainsi fermé ses portes dès le vendredi, conformément à un dispositif interne accordant cette possibilité à ses agents.

Une organisation locale qui pose la question du cadre commun

Si ces ajustements sont présentés comme nécessaires au respect des traditions religieuses, ils soulignent aussi les spécificités institutionnelles de Mayotte, département français à part entière. Dans un territoire confronté à de lourds défis en matière d’éducation, de sécurité et de continuité des services publics, la répétition de fermetures administratives ne manque pas d’alimenter le débat.

La République garantit la liberté de culte, mais elle repose également sur la neutralité de l’État et l’égalité de traitement des citoyens. À Mayotte plus qu’ailleurs, l’enjeu demeure de concilier respect des croyances et exigence d’un fonctionnement public stable, lisible et conforme aux principes républicains, au service de tous.

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