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Coup de théâtre sous les projecteurs : Steeven Jean‑Yves Zamor, visage bien connu du mannequinat martiniquais, ne coachera plus les candidates de Miss Universe Martinique. Dans un courrier officiel publié ce week‑end sur ses réseaux sociaux, il annonce rendre la franchise à Georges Nandan, déjà détenteur de Miss Universe Guadeloupe. Quand, dans les Outre‑mer, certains aiment confondre agitation et action, voilà au moins une décision assumée, écrite noir sur blanc, et surtout structurée.

Car Zamor ne part pas en claquant la porte, il se repositionne. « Après plusieurs années consacrées au développement et à la structuration du concours en Martinique, j’ai fait le choix d’un repositionnement stratégique », explique-t-il, pour se consacrer à ses deux piliers : la mode et la production audiovisuelle. Derrière le vocabulaire, il y a une réalité très terre-à-terre : une entreprise à faire tourner, une série documentaire annoncée pour 2026, et les 20 ans de son agence Your Angel Models à préparer pour 2027. Le glamour, d’accord, mais le business d’abord — et ça, ici, on sait ce que ça veut dire.

La Martinique passe donc le relais à un homme qui a déjà prouvé qu’il savait monter une machine efficace. Georges Nandan récupère l’organisation et le financement dès la prochaine campagne 2026, fort d’un résultat qui parle aux sponsors comme au public : la Guadeloupéenne Ophély Mézino hissée dans le top 12 à Miss Universe 2025. Zamor le dit sans détour : Nandan représente « une solution solide pour assurer la continuité et le développement du concours ». Dans ce genre d’arène ultra-médiatisée, la solidité vaut plus que les belles promesses.

Passation de pouvoir : une stratégie, pas un caprice

Nandan, lui, sort la boussole régionale et le drapeau de l’unité antillaise. « La Guadeloupe et la Martinique ne font qu’un, car ensemble nous sommes plus fort », assure-t-il, annonçant une arrivée « incessamment » en Martinique pour préparer le prochain spectacle. Objectif affiché : Porto Rico, et carrément le top 5 pour les deux îles. Ambitieux ? Oui. Mais au moins, c’est une ambition de performance, pas un discours de ressentiment — cette petite musique trop souvent servie par ceux qui préfèrent opposer plutôt que construire.

Pendant que la franchise change de mains, Zamor, lui, met en avant un projet qui dit beaucoup de sa trajectoire : l’« école d’excellence – Nouvelle Génération ». Il parle d’un programme « accessible et inclusive » destiné à transmettre des compétences et des outils de développement personnel à la jeunesse martiniquaise. On pourra toujours discuter des mots à la mode, mais l’idée de former, d’élever, de tirer vers le haut, ça vaut mieux que les postures et les indignations permanentes qu’on voit prospérer dès qu’il s’agit d’Outre‑mer.

Reste le verdict du terrain : en 2025, la Martiniquaise Célya Abatucci n’a pas franchi le top 30 parmi 122 prétendantes, pendant que la Mexicaine Fatima Bosch remportait la couronne. Avec Nandan aux commandes, la Martinique acceptera-t-elle la discipline, les choix parfois tranchants, et la logique de résultats qu’exige ce type de compétition mondiale ? À Porto Rico, les projecteurs ne pardonnent rien… et c’est peut-être précisément ce dont nos territoires ont besoin : moins de bavardage, plus d’excellence.

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