La cour d’appel de Montpellier a décidé, le 29 janvier 2026, d’ouvrir une information judiciaire complémentaire dans l’affaire du “lynchage de Verzeille”, du nom de cette agression d’une violence extrême survenue le 24 juillet 2022, en marge d’une fête de village près de Carcassonne. Deux Ultramarins, un Guadeloupéen prénommé Hans et un ami originaire de Mayotte, avaient été violemment attaqués par une quinzaine d’individus, sur fond de rumeur délirante d’agressions à la seringue.
Ce rebondissement judiciaire intervient après de fortes critiques visant l’enquête initiale et le jugement rendu en première instance. Il redonne un espoir concret à la victime guadeloupéenne, alors que le procès en appel, plusieurs fois reporté, devrait se tenir le 16 mars prochain.
Une première procédure jugée insuffisante et contestée
Lors du procès de novembre 2024 devant le tribunal de Carcassonne, seuls trois agresseurs avaient été condamnés à de la prison avec sursis pour “violences en réunion”. Un verdict qui avait provoqué l’indignation, tant les témoignages évoquaient une attaque collective, impliquant entre 10 et 30 personnes selon plusieurs sources.
Autre point majeur : malgré des propos haineux rapportés pendant l’agression, visant explicitement “les Noirs”, la circonstance aggravante raciste n’avait pas été retenue au procès, comme si l’élément idéologique de cette chasse à l’homme pouvait être effacé au bénéfice d’une lecture minimaliste des faits.
Pour Samuel Thomas, président de la Maison des Potes, l’enquête aurait été conduite de manière trop limitée, sans chercher sérieusement l’ensemble des complices.
Une relance judiciaire pour identifier tous les auteurs et établir le mobile raciste
Dans sa décision, la cour d’appel a été particulièrement sévère, évoquant un “manquement manifeste à l’impartialité de l’enquête” ainsi qu’une “insuffisance caractérisée des investigations”. Une formulation lourde de sens, qui revient à reconnaître que l’appareil judiciaire n’a pas été à la hauteur de l’exigence de vérité et de justice.
L’information judiciaire complémentaire porte désormais sur des faits plus graves : “violences aggravées à caractère raciste et menaces de mort”. L’objectif est clair : retrouver l’ensemble des participants, y compris ceux qui, jusqu’ici, ont échappé à toute poursuite.
Dans cette optique, l’analyse sonore d’une vidéo de l’agression devrait être réalisée à l’aide d’un logiciel d’identification vocale, afin de confirmer la présence et le rôle de plusieurs individus entendus ou filmés lors du passage à tabac.
Cette affaire rappelle une évidence que trop de responsables politiques refusent de regarder en face : lorsqu’une foule s’en prend à des Français venus d’Outre-mer, au nom de rumeurs, de pulsions collectives et de réflexes identitaires, la réponse doit être implacable. L’État de droit n’a pas le droit de trembler, et encore moins de fermer les yeux.




