La commune de Moorea-Maiao et la Société contre la cruauté animale à Tahiti ont officialisé cette semaine un accord foncier de long terme, ouvrant la voie à la création du tout premier refuge animalier de Polynésie française. Implanté à Haapiti, le projet marque une avancée concrète face à l’errance animale, longtemps laissée sans réponse structurée sur l’archipel.

L’accord signé engage la municipalité et l’association sur une durée de douze ans, autour de la mise à disposition de terrains agricoles situés à l’arrière de la caserne des pompiers de Haapiti. Le site, d’une superficie d’environ 500 mètres carrés, doit accueillir une infrastructure dédiée à la prise en charge des chiens et des chats, dans un territoire où la prolifération animale pose à la fois des enjeux sanitaires, de sécurité publique et de respect du bien-être animal.

La présidente de la SCAT, Nancy Tourangeau, a annoncé le lancement immédiat d’un appel aux dons à destination des entreprises et des particuliers. Si la commune prendra en charge les travaux de terrassement, le financement de la construction et des équipements reposera largement sur la mobilisation du tissu économique et associatif local, dans une logique de responsabilité partagée.

Une réponse concrète à une situation devenue critique

À terme, le refuge comprendra dix boxes individuels de douze mètres carrés chacun, une chatterie de deux cents mètres carrés ainsi qu’un local dédié au stockage de la nourriture et aux soins vétérinaires. La durée des travaux est estimée à six mois, avec un objectif clair : accueillir les premiers animaux dès la fin du chantier.

Si la Polynésie française dispose déjà de fourrières municipales, aucune structure de ce type n’existe aujourd’hui pour assurer un suivi durable, encadré et conforme aux exigences sanitaires et judiciaires. Ce futur refuge permettra notamment de prendre en charge les animaux saisis dans le cadre de procédures judiciaires, sans dépendre systématiquement de familles d’accueil, souvent débordées.

Ce projet illustre une approche pragmatique, fondée sur l’initiative locale, le partenariat entre collectivités et associations, et l’implication du secteur privé. À l’heure où l’errance animale reste massive, notamment à Tahiti, la création de ce refuge à Moorea constitue un premier jalon vers une gestion plus responsable, plus ordonnée et plus conforme aux principes d’une société organisée et respectueuse du bien commun.

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