Une nouvelle étape s’ouvre pour le transport interinsulaire en Polynésie française. La compagnie Motu Link vient d’obtenir sa licence d’exploitation et se positionne clairement sur un créneau stratégique : le fret aérien. Avec une offre présentée comme compétitive et adaptée aux réalités insulaires, l’entreprise entend devenir un maillon essentiel entre les archipels.
Présidée par Alexandre Mu, Motu Link se définit avant tout comme un transporteur de marchandises. Dans un premier temps, la compagnie desservira Raiatea, Bora-Bora, Rangiroa et Tubuai. L’objectif est clair : acheminer par voie aérienne des marchandises aujourd’hui quasi exclusivement transportées par bateau, notamment les produits frais et périssables, très attendus par les populations insulaires.
Produits alimentaires, fret général, approvisionnement des commerces et des professionnels locaux : Motu Link entend répondre à une demande réelle, identifiée sur le terrain. Les délais maritimes, parfois longs et contraignants, constituent un frein au développement économique des îles. Le fret aérien apparaît donc comme une solution complémentaire, plus rapide et plus fiable.
Un positionnement assumé sur le fret aérien
La compagnie a fait le choix délibéré de se consacrer exclusivement au cargo. Dans un contexte de forte concurrence sur le transport de passagers, Motu Link préfère éviter un marché saturé et parfois conflictuel. Le transport de marchandises offre, selon ses dirigeants, de meilleures perspectives de stabilité et de croissance, en phase avec les besoins réels du territoire.
L’appareil retenu est un ATR 72 entièrement aménagé en version cargo. Les sièges et coffres à bagages ont été retirés afin de maximiser la capacité de chargement. L’avion pourra transporter jusqu’à 8,3 tonnes de marchandises, pour un volume avoisinant les 70 mètres cubes, avec un rythme annoncé de deux à quatre rotations quotidiennes.
Les premières étapes réglementaires sont en cours. Un audit final est prévu début février, ultime passage avant l’autorisation complète d’exploitation. La compagnie anticipe déjà l’acquisition d’un second appareil afin d’assurer la continuité du service lors des phases de maintenance lourde, prévues aux États-Unis.
Un projet soutenu par les acteurs économiques et les institutions
Motu Link s’appuie sur un actionnariat mêlant notamment des armateurs, preuve supplémentaire de la complémentarité entre transport maritime et aérien. La demande est également portée par des acteurs institutionnels, comme les forces armées et le RSMA, qui pourraient recourir à des vols affrétés réguliers.
Le projet bénéficie du soutien des autorités locales, conscientes de l’enjeu logistique que représente le désenclavement des archipels. Les tarifs, annoncés comme attractifs pour les particuliers et les professionnels, seront prochainement détaillés. L’ambition affichée est de proposer une alternative crédible et durable, sans dépendre des capacités résiduelles des vols passagers existants.
Au-delà du simple transport de marchandises, Motu Link entend s’inscrire comme un outil de cohésion territoriale. En facilitant l’acheminement des biens essentiels, y compris dans des situations sensibles comme le transport funéraire, la compagnie revendique un rôle structurant pour le développement économique et social de la Polynésie française.




