À Faa’a, commune la plus peuplée de Polynésie française, les élections municipales de mars 2026 s’annoncent comme un nouveau test pour Oscar Temaru. Âgé de 81 ans, le leader du Tavini Huira’atira et maire depuis 1983 entend briguer un huitième mandat consécutif.
Élu sans interruption depuis plus de quarante ans, il n’a plus connu de second tour depuis 1989. Figure historique du mouvement indépendantiste, il mise cette fois sur un projet de « grand complexe Ganivet » associant marché communal et golf indoor pour convaincre les électeurs.
Trois listes face au maire sortant
Face à lui, trois candidats tentent de mettre fin à son hégémonie. Moehara Tupana conduit la liste Amui Tatou no oe Faa’a, présentée comme une union rassemblant autonomistes, membres de la société civile et représentants de quartiers. Elle mise notamment sur la mobilisation des quelque 10 000 abstentionnistes recensés en 2020, estimant que la commune fait face à d’importantes difficultés sociales.
Mara Aitamai, figure reconnue du va’a et coprésident du comité organisateur du Te Aito, mène la liste A here ia Faa’a. Résident de la commune depuis 37 ans, il se présente pour la première fois à une municipale, se définissant comme un « leader citoyen » et prônant une démarche d’ouverture.
Enfin, Wilson Tokoragi, à la tête de Tefana to’u âi’a, entend proposer une alternative centrée sur la gestion de proximité. Il insiste sur la distinction entre enjeux municipaux et débat sur l’indépendance, estimant que les élections locales doivent avant tout porter sur la gestion quotidienne de la commune.
Un scrutin sous haute attention
Dans une ville où le maire sortant domine la scène politique depuis plus de quatre décennies, la question demeure de savoir si l’unité des oppositions ou la mobilisation électorale pourront modifier l’équilibre établi. Le scrutin des 15 et 22 mars dira si Faa’a renouvelle sa confiance à Oscar Temaru ou ouvre une nouvelle page de son histoire municipale.




